ÉGALF.MENT AVANTAGEUX A LA ROYAUTÉ KT A LA FRANCE
ment devenir la proie et l'esclave des étrangers , des Espagnols, des Savoyards, des Lorrains, des Anglais mêmes, qui qvioirpie nos alliés n'en convoitaient pas moins Morlaix, Brest, Blavet, toute la côte de Bretagne, Calais et le littoral du Boulenois. Ils sentirent qu'à sortir de la main du roi, à se soustraire à ce pouvoir central et protecteur, ils s'abandonnaient eux-mêmes, et livraient le pays aux sieur de Pierrefont ' , aux Fontenelle, aux Gouleine, aux Saint-Ofïange, qui pour toute loi et pour tout régime leur donnaient un odieux brigandage. Sous l'empire de ces convictions, les pays d'Etats donnèrent au roi et au royaume des marques éclatantes de leur dévouement. Mais en s' unissant d'intention et de cœur au corps de la monarchie, ils ne s'abdiquèrent pas eux-mêmes : ils retinrent leurs institutions, leurs coutumes, leur langage, et jusqu'à leur costume. En épousant la communauté française, ils restèrent Bretons, Gascons, Languedociens, Provençaux, Dauphinois, Bourguignons: ils gardèrent leur nationalité, leur individualité, et avec cette individualité, la vertu politique dans une merveilleuse mesure. C'est avec ces sentiments de puissante personnalité , d'autonomie relative , que les provinces avaient soutenu et déjoué tous les efforts des ennemis du dehors contre l'indépendance nationale, depuis la première guerre de cent ans contre les Anglais, jusqu'à la guerre soutenue au temps de la Ligue contre les Espagnols -. Une centralisation excessive détruisit ces sentiments, brisa ce ressort : plus tard, au temps de la guerre de la succession d'Espagne, l'étranger menaça Texistence de la
1 Voir dans la Ménippée les actes de son brigandage et de sa cruauté : Harangue de monsieur de Rieux, sieur de Pierrc-Font, pour la noblesse de l'Union, p. 96-106.
* Voir tous les écrits du temps de la Ligue, et particulièrement V Anti-Espagnol et la Ménippée.
1« LIV. Vil. Cfl. I. HEGIME DE MONARCHIE CONSULTATIVE.
France; plus tard encore, il lui mit le pied sur la gorge et la tint à sa discrétion.
Beaucoup de provinces du royaume, autres que les pays d'Etats, avaient des assemblées provinciales composées des trois ordres. En partant du Nord et en s'avançant au Centre et au Midi, c'étaient : le Boulenois et le comté de Saint-Paul^ la Picardie, la Normandie, l'Orléanais, le Maine, l'Anjou, la ïouraine, le Berry, le Nivernais, le Bourbonnais, la Marche, l'Auvergne haute et basse, le Poitou, l'Aunis avec la Saintonge et l'Angoumois, la Guyenne, avec les subdivisions du Quercy, du Rouergue, du Périgord, qui avaient leur représentation distincte de celle de la Guyenne propre ou Bordelais. Toutes ces contrées conservèrent leurs assemblées provinciales pendant la durée entière du règne de Henri IV, et pendant plus de quarante années au delà de son règne, par suite soit de la consolidation qu'il leur avait donnée, soit même de leur rénovation, comme on le voit par l'exemple de la Guyenne '.
• Pour l'existence et la teuue dos Etats intérieurs et assemblées provinciales, ainsi que pour leurs attributions sous ce règne, en Picardie, Normandie, Poitou, Guyenne, avec le Périgord, le Rouergue, l'Auvergne, voir : Lesloile, p. 267 A. — DAubigué , Hist. univ. , t. III, 1. IV, c. 9, p. 359, § ■i. — Lettres miss, de Henri IV à il. de Lanquetol du 17 octobre 1589, t. III, p. 854, ligne I, à la table ; à M. de Bourdeille du 19 mars 1595, t. IV, p. 319 ; à M. de Matignon du 18 aviil 1593, t. IV, p. 343; au connétable du 19 mars 1597, t. IV, p. 713, 714. — Le Poitou a, durant la sticoude moitié du xvi* siècle, des Etats et assemblé(!s que nous ne trouvons mentionnés dans aucune des bistoires du gouvernement et de l'administration en France. De Bèze les signale dans sou Hist. ecclésiastique des Eglises réformées. Au 1. III, t. I, p. 320, il dit : « Le sieur de Monlpezat, seneschal de Poytiers, très » cruel ennemi des Eglises, arriva à Poytiers pour pratiquer les Estais » particuliers. Les Estais assemblés le 28>= du mois de may (1560), » notamment le Tiers estât au couvent des Jacobins, Dieu donna, n etc. » — Pour les autres pays qui ont conservé des Etats et des assemblées provinciales, et qui ne sont pas mentionnés au commencement de cette note, voir : Monteil, Hist. des Français des divers états, t. m, )). 419, et notes, p. 117, 118, édition in-12; M. Darestea