CHAPITRE V
Industrie.
i I. De l'industrie à la fin de 1596 ; de ses rapports avec les finances et l'état de la société. Affreuse misère et iiiortalilé dans une partie de la popul.-ition des Ccimp;i{?nes et «les villes. I.uxe effréné dans l'une des classes de la population de Paris. - L'usn-je devenu -iénéral dans les villes des draps et étoffes di! sole pour vêtements, conséquence de la vanité et du besoin tout ensemble : mémoire de B. Laffemas sur ce sujet. Insuffisance de l'industrie de luxe dans les rapports avec les liabiludes prises : décadence générale des industries de première nécessité, malgré les exceptions pour un petit nombre de villes restées industrieuses : liste de ces villes et détails sur leurs industries. Les achats faits à l'étranger des objets de première nécessité et surtout ries articles rie luxe épuisent la France d'argent ; relevé des sommes que ces achats lui coûtent annuellement. Le roi, dans des vues d'ensemble, résout de remplacer partout l'indigence et la mendicité par le travail, de rendre à toutes les classes des moyens d'existence. En même temps que ses édits délivrent le pa.vsan de tnutes les oppressions et remettent les campagnes en culture, il arrête de rétablir dans les villes les industries de luxe et de première nécessité, et de les développer dans une telle mesure que l'artisan et l'ouvrier y trouvent facilement le nécessaire , et que l'argent qui sort du pays pour les achats faits au dehors y demeure.
§ H. Premières tenlafioes durai pour relever l'industrie, et pour arrètei' les désastres résultant de l'importation étrangère. Initiative prise par Henri relativement aux industries de luxe . Dans le cours de l'année ir)9G, il plante de mûriers les allées du jardin des Tuileries. La question de l'industrie nationale et des importations étrangères est portée à l'assemblée des Notables réunis à Rouen, à la fin de 1596, et la discussion éclairée par les écrits que le roi adresse à l'assemblée. Remarquable mémoire de B. Laffemas, intitulé : Reiglement général pour dresser les manufactures en ce royaume.
§ III. Le roi établit en grand l'industrie de In soie en France. — Plan général du roi relativement à l'industrie. — Il s'aide du concours d'Olivier de Serres. Ecrit de de Serres sur La cenilletfe de In soie pnr In nourriture des vers qui la font : règles remarquables qu'il y pose pour la culture du mûrier. — Plantations de mûriers dans tous les cl)àteaux royaux, ainsi que chez les particuliers, dans les environs de Paris et dans Paris même. — Magnaneries établies aux Tuileries et à Madrid. Premier travail de la soie. Epreuves de la valeur des soies récoltées à Paris et au cliâteau de Marlrid. — Le mûrier et les vers à soie répandus dans l'Ile-de-France, l'Orléonais, la Touraine, le Lyonnais. — Surveillance et précautions : résultats. — Délibération entre Henri IV et Sully. Opinion de Sully sur les in<lustiies de luxe: son opposition à leur établissement. Examen de cette opinion. — Le mûrier et la soie répandus en Poitou, et dans tous les diocèses rie France, sur les ordres du roi et avec le concours des évêques. Henri propage les mûriers et l'éducation des vers à soie dans les dernières provinces du royaume, dont le climat est susceptible de les recevoir.
•232 ijv. VII. ciiAi'. V. DE l'ixdustiue a la I-IN DE 1596.
Il fonde deux nouvelles magnaneries. — Établissement du manufactures de draps d'or et d"ar(4ent, .le draps et (îtolfes de sole, A Paris; Manufaetures de sole maintenues ou étahllcs dans d'autres villes. — Henri IV, véritable créateur de l'iiiduslrle de la soie en Franee. R(*siiltal.> pour les provinres du Centre, et pour les provinces du Midi. Ailniirables i ésultats pour la fortune publique, lilstoricpie général de cette industrie jusqu'.'i notre temps. Quelle fut la part du roi, de B. I.affemas, de de Serres dans la création de cette industrie.
i l\ . Le roi établit les autres industi-ies de luxe. — Manufactures de verre de cristal et de glaces établies. — Manufactures de tajjl.sseries de haute lisse : manufacture française, manufacture flamande. — Manufacture de tapis du Levant. — Manufactures de toiles fines de Hollande et de dentelles; de cuir doré et drapé. — Idées générales qui président à ces établissements.
§ \ . Le roi restaure et développe les industries de premiin-e nécessité. — Causes de décadence ries industries de première nécessité : i" la guei re civile ; 2' le défaut de liberté : tyrannie des communautés et des rois des merciers; 3° l'improblté des fabricants et marcbands. Résultats des désordres. — ïidit sur le rétablissement de la maîtrise et sur la police des métiers. Tous les compajjnons c* apprentis reçoivent indistinctement la m.TÎtrise. Affranchissement de l'industrie et du commerce. Police et discipline de l'industrie et du commerce : les gardes jurés des ciunniunautés. — Concurrence donnée ^ l'industrie et au commerce des communautés : industrie et commerce libres. — Eta!)lissement d'une commission ou première chambre haute de commerce en France. — L'industrie des draps et étotfes de laine, réformée et en partie rétablie. — Nouveaux procédés pour la fabrication du fer, du cuivre, de l'airain. Conversion du fer en acier. Nouveaux tujaux de plomb : blanc de plomb. Autres découvertes en voie d'application. Apprêt des futaines. Filature des laines et cotons. Perfectionnement de la fabrication du fer. — Inventions et pratiques relatives à Talimenfation publique. Nouveaux et meilleurs appareils pour le blutage et la confection du pain Introduction et culture du riz en ■rnand dans le royaume. Pisciculture : les lleuvc.«, rivières, étangs repeuplés de poissons par le^ soins du roi : Instructions pour une nouvelle pèche dans la Seine. — Extension et propagation des haras.
§ l'r. De Vindustrie à la fin de 1596 : de ses rapports avec les finances et l'élal de, la société.
Au livre CXXIX de sod Histoire universelle, de ïhou retrace l'état général de la France à la fin des guerres civiles et étrangères. D'une part, il signale la contradiction entre l'épuisement du pays et sa passion pour le luxe ; d'une autre, il expose les idées et les projets de Henri IV, pour concilier l'intérêt pnldic avec les passions et les exigences des particulier-^, tjui par un côté tenaient sans doute à la fantaisie, mais qui, par un autre, se rapportaient au développement général de la civilisation en
DE SES HAPPOrtTS AVEC LES FINANCES ET l'ÉTAT DE LA SOCIÉTÉ. 233
Europe, et dérivaient du sentiment tlu beau. Voici comment l'historien s'exprime ;
« Henri, qui voyait le royaume épuisé par la durée des guerres civiles , et qui comprenait qu'une longue paix ne sulFirait pas pour rétablir les finances, si le libre essor donné au connuerce ne venait au secours, avait trop de pénétration pour ne pas sentir que la défense de transporter l'argent hors du royaume ne serait pas d'une grande ressource, s'il ne trouvait moyen d'en faire entrer par le commerce. Il voyait que Tusage des étotfes de soie était devenu si commun, que les personnesdela fortune la plus mince ne voulaient plus portevdesétofîesde laine, dont la frugalité de nos ancêtres sétait bien contentée, en sorte que non-seulement il se dépensait des sommes très-considérables en étoffes de soie, mais que cet argent* passait dans les pays étrangers, au grand préjudice du royaume '. »
Le tableau est complet ; mais chacun des traits est léger et faible, et l'on courrait risque de ne pas distinguer nettement ce qu'il représente, si Ton n'avait soin de l'éclairer des lumières que fournissent plusieurs des contemporains de de Thou. Il faut de plus remonter à deux ou trois ans au delà du moment précis où l'historien trace cette peinture, si l'on veut recueillir tous les renseignements propres à donner la pleine intelligence de ce qu'il offre à nos regards et à notre méditation.
Au commencement de 1396, la Ligue expirait. Les restes de la révolte armée en Provence et en Bretagne^ la guerre avec l'Espagfie pour deux ans encore, qu'elle nous léguait en mourant, étaient les moindres- charges de son affreuse succession. On a vu précédemment que les dévastations de la guerre civile et étrangère avaient réduit environ les deux tiers des campagnes à la friche, laissé sans aucune ressource une classe entière et même
1 Tom. XIV, p, 141, 142 de la traducliou.
231 LIV. VII. rilAl'. V AKFnEUSE MISERE DES VILLES ET DES CAMPAGNES.
la plus nombreuse des paysans, fermiers et petits propriétaires. Là même où le laboureur n'était pas arrivé à cet excès de détresse , il était au moins dans une dure gêne et, pour remettre son cbamp en culture, il n'employait que ses bras et ceux d"e ses enfants : il n'usait pas de ceux du journalier, qu'il n'avait pas le moyen de payer, et pour qui cependant chômer était mourir de faim. La misère, chassée des campagnes où elle ne trouvait plus d'aliments, se réfugiait dans les villes qui venaient de se rouvrir , et elle s'y installait, malgré les efforts tentés pour la refouler au dehors. Elle rencontrait la misère d'une multitude de citadins, de la majorité des ouvriers et des trafiquants, qui, eux aussi , manquaient de tous moyens d'existence, parce que l'industrie et le commerce intérieur avaient presque entièrement péri au milieu des troubles ; parce que les hommes, les uns enrichis , les autres conservant l'aisance ou le nécessaire , par suite à'^ circonstances qui seront énumérées tout à l'heure, achetaient aux étrangers les objets de luxe, et même une (juantité considérable d'objets de première nécessité, qui ne se fabriquaient plus en France. Les paysans, chassés de leurs chaumières, les garçons de ferme sans travail, disputaient donc à la masse des ouvriers et des gens du [>etit commerce sans travail l'insuffisante aumône de la charité publique. Un contemporain, un témoin oculaire, décrit de la manière suivante l'affreuse lutte de ces affamés, qui se terminait ordinairement par la mort.
« A Paris, on avoit la cherté de toutes choses, principalement du pain, dont le pauvre peuple ne mangeoit pas à moitié son saoul. Processions de pauvres se voyoient par les rues en telle abondance qu'on n'y pouvoit passer. Le lundi, 4 mars, furent comptés dans le cimetière Saint-Innocent, à Paris, sept mille cinq cent soixante-neuf pauvres. Le samedi, le nombre des pauvres se trouvoit accru à Paris des deux tiers, y estant entré de six à sept mille le jour de
LUXE KFFRÉNÉ DANS UNE CLASSE A l'AFUS. 235
devant '. On fist une assemblée en la salle de Saint-Loys, ou après plusieurs diflicultez fust résolu au double de la taxe qui avoit esté iaicte sur les habitants. Le vendredy, 26, fut fait commandement à son de trompe et cri piiblicq à tous pauvres estrangers mendians, de sortir de la ville de Paris ; et ce à cause de la conta,qion répandue en divers endroits. Ce qui estoit plus aisé à publier qu'à exécuter : car la multitude en estoit telle et la misère si grande, qu'on ne savoit quelle pièce on y devoit coudre. On apportoit à tas de tous les cotez dans l'Hostel-Dieu de Paris les pauvres membres de Jésus-Christ, si secs et atténuez qu'ils n'y estoicnt plus tôt entrés ([u'ils ne rendissent l'esprit. Le samedy, 10 février, ung des maistres de l'Hoslel- Dieu dit à mon gendre que depuis le 1er janvier jusqu'à ce jour, il estoit mort dans ledit Hostel-Dieu quatre cent seize personnes, la pluspart de faim et nécessité. Par le rapport des maistres et gouverneurs de l'Hostel-Dieu, il mourut au mois d'avril dans l'Hostel- Dieu six cents et tant de personnes. Le vendredi, t'^r mars, fut bruslée à Paris une femme vis-à-vis Saint-Mcolas des Champs pour avoir tué et desfait de ses propres mains deux de ses enfants, y ayant esté induilte, ainsi qu'elle disoit, par la faim, n'ayant de quoi leur donner à manger'. »
Ainsi la famine et les horreurs du siège de Paris étaient transportées dans la paix par la misère publique. Ainsi dans une mesure considérable, désastreuse, l'agriculture refusait au cultivateur, au garçon de ferme, au journalier ; l'industrie refusait au commerçant et à l'ouvrier du travail et du pain.
A côté de cette multittide qui mourait de faim, on découvrait une classe de riches et d'aisés, les uns se plongeant dans les délices, les autres satisfaisant leurs fantaisies. C'étaient les grands seigneurs , les hommes de guerre enrichis par le pillage ou par les dons du roi qui avait payé leur courage, les linanciers ; quelques bourgeois, plus épargnés que les autres par la faveur des circonstances ; enfin, dans une subdivision de l'industrie
' Notez que cela fait 21,000 pauvres venus du dehors, auxquels il faut ajouter les pauvres de Paris même. 2 Lestoile, Regist. journ. de Henri IV, p. 269-273,
236 Mv. VII. cil. V l'us.vge devenu général dans les villes
et du commerce, les gens exerçant les professions et les métiers qui tiennent aux premiers besoins de la vie, et notamment à l'alimentation puWique et à l'habillement. Par suite de la subversion que les désordres du dernier règne et l'anarchie avaient apportée dans les sentiments et les idées, comme dans l'ordre politique, ils ne mettaient aucun frein à leurs désirs, et ils se précipitaient avec fureur vers les plaisirs et vers le luxe. Le gouvernement de Henri avait à les satisfaire, en empùcliant que leurs jouissances ne ruinassent la France. Le contemporain que nous citions tout à l'heure , après avenir exposé l'affreuse misère de la capitale et des pays environnants, ajoute : « Pendant ce temps, on dansoit à Paris, on y mommoit ; les festins et les banquets s'y faisoient à quarante escus le plat ', avec les collations m^ignifiques à trois services ". » Au luxe de la table se joignait le luxe des habillements , non plus restreint à la classe peu nombreuse des seigneurs et de riches gentilshommes, mais étendu à tous ceux qui, dans tous les ordres, étaient parvenus à gagnerde l'argent. Barthélémy Laffemas nous fournit à cetégarJ les renseignements les plus précis, et nul ne pouvait être mieux instruit que liii, puisqu'il fut successivement premier tailleur et valet de chambreduroi, et en même temps riche négociant en rapport avec une multitude de marchands français et étrangers, ])uis argentier du roi, puis contrôleur général du commerce. Dans un mémoire qu'il présenta à Henri, en 1596, pour être soumis à l'assemblée des Notables réunis à Rouen, et dans un autre écrit qu'il publia peu après, il s'exprime eu ces termes sur le sujet qui nous occupe :
« Les marchands qui trafiquent en draps de soye par toute la
1 Quarante écus ou 120 livres du temps, environ 440 francs d'aujourd'hui.
» Lestoile, ibid., p. ^70 A, § 1.
nES DIUI'S ET ÉTOFFES DE SOIE ['OUn L'flABlLLEMENT. ïJoT
France sont en i,'ranfl nombre. Témoin on la ville de Paris, où l'on a vcu qu'il n'y avoil que cinq ou six marchands de soye trafliquanl à
Lyon, et à présent ils sonl en nombre infini C'est la grande
quantité de noblesse et officiers, leurs femmes et leurs enfants, jusques aux marchands, simples bourgeois, gens de pratique, ouvriers et artisans, qui sonl la pluspart habillez desdites soyes, qui tous souloienl estre veslus de la drapperie deFrance^ »
La soie s'était donc sul)stituée à la laine pour les vêtements d'iiommes et de femmes, non-seulement chez les riches, mais chez les gens de moyenne condition, et chez nmi partie des gens du peuple. Les exemples partis du trône sous les derniers Valois, exem[)les alors tout-puissants sur la nation, la mode et la vanité qui en tout temps ont exercé chez nous tant dempire, étaient sans doute pour beaucoup dans ce changement ; mais la nécessité y était entrée aussi pour une forte part. A la tin du xvf siècle, les manufactures françaises, les unes ruinées par les guerres civiles, les autres dégénérées, comme nous le verrons bientôt, ne répondaient plus en général aux besoins et aux commandes du pays. Parmi les manufactures de draps de laine, ime seule, celle de Rouen, continuait à fabriquer des draps tins irréprochables ; les autres ne produisaient plus que des draps de laine épais et lourds, de mauvaise qualité, et en quantité tellement insuffisante, que les draps nous étaient fournis par les nations voisines. Les manufactures françaises ne fabriquaient qu'eu minime quantité les tissus plus légers,
1 Barthélémy Laffemas, Reig/ement pouv dresser les manufactures en ce royaume, Paris, C. de Moustrœil, 1397, p. 7. — La façon de faire et semer la graine de meuriers, Paris, P. Pautounier, 1604, p. 31. — Sully, CEcoD. roy., c. 124, t. I, p. 516 A, indique quelques uues des classes de citoyens qui recherchaient avec passion les vêtements et autres objets de luxe ; mais il omet plusieurs autres classes : « Pour » ce qui regarde les gens de justice, police, finance, escritoire et » bourgeoisie qui sont ceux qui se jettent aujourd'hui le plus sur le » luxe. »
238 Liv. vu. ru. v. insuffisance de l'industrie de luxe.
tels ([uo les éfamiiies et les serges, dont rinJuslr'nr avait été transportée en Flandre et à Florence, f.es toiles peintes, qui, dans le cours des siècles suivants, sont devenues les vêtenients de femme en été, n'existaient alors ni en France ni dans les autres l'^tats de l'Furope ; on ne fabriquait guère avec le coton que de la futaine, étoffe bonne uniquement pour l'hiver. Par conséquent, durant la saison chaude de l'année, en France, hommes et femmes de toutes conditions avaient à se pourvoir soit de serge fine et d'étamine, soit d'étoffe de soie, qu'il fallait acheter presque également à l'étranger. Et comme la soie joignait à une légèreté plus grande l'éclat qui donnait le moyen de briller, la préférence était acquise à la soie. Les tissus de soie étaient donc devenus à la fois un besoin et une jouissance, et nous verrons bientôt avec quelle passion, ou plutôt quelle fureur ils étaient recherchés en France. Les draps d'or et d'argent ne doivent pas être omis dans la liste des articles de luxe de l'époque ; mais comme ils n'étaient portés que par la classe peu nombreuse des princes, des grands seigneurs, des gentilshommes appartenant à la plus haute noblesse, de quelques opulents financiers, ils n'entraient dans les dépenses générales de la nation que pour une somme moins forte que les draps et étoffes de soie.
Si les draps d'or et d'argent, si les tissus de soie surtout avaient été fabriqués en France, l'usage plus ou moins général qu'on en aurait fait, la dépense qu'entraînait une habitude déjà ancienne et invétérée, n'auraient intéressé que la morale publique et les fortunes des particuliers. L'argent sorti de la bourse des consommateurs, souvent mal à propos sans doute, serait entré dans celle des fabricants et des marchands, serait resté dans le royaume. Mais le défaut de développement de l'industrie nationale avait amené des résultats tout diffé-