DÉCADENCE EN GÉNÉRAL DKS INDUSTRIES DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ
rents. Il y avait aloi's des manufactures de soieries ù Lyon, à Tours, et dans quehpies autres villes de France ; mais elles n'étaient que des raretés, des curiosités dans le pays ; elles ne fournissaient pas à la sixième partie de la consommation. Les draps et étoffes de soie, et les autres articles de luxe, étaient tirés des pays voisins, surtout de l'Italie et de la Flandre, étaient achetés des étrangers , sans que ces étrangers , en retour , achetassent rien à la France, en fait d'articles de luxe, et rétablissent ainsi la balance. Par conséquent, les finances du royaume, la fortune pul)lique, étaient déjà gravement engagées et compromises par ces achats d'objets de luxe, qui n'avaient pas de compensation pour le pays.
Le mal s'aggravait de la circonstance que l'industrie et la manufacture françaises n'étaient guère plus fécondes en produits de première nécessité ; qu'une partie de ces produits était de mauvaise qualité , et délaissée des étrangers et même des nationaux, comme tout ce qui est mauvais. Le§ historiens contemporains sont muets sur cet important sujet; mais on trouve les plus curieux détails dans des mémoires spéciaux adressés au roi et à l'assemblée des ^Notables réunis à Rouen .
Sous Louis XII, François I" et Henri II, l'industrie nationale avait pris un prodigieux essor, et la France était devenue le marché de presque toute l'Europe, surtout pour les draps. Cette prospérité avait péri dans son ensemble , pendant les guerres de religion , et il n'en restait que de faillies débris en 1507. Quelques fabriques de drap subsistaient : la meilleure était celle de Rouen, qui produisait les excellents draps du sceau, ainsi nommés parce qu'on y apposait un sceau ou marque. Amiens, en Picardie ; Sommières et Mmes, en Languedoc ; Chartres, dans l'Orléanais, et quelques autres villes encore, avaient des manufactures de serges larges et fines ; Nimes