‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 57 sur 199 · NOUVELLES MAGNANERIES. LES ARTISANS ITALIENS · texte numérisé non relu

NOUVELLES MAGNANERIES. LES ARTISANS ITALIENS

inodèlfis que le gouvernement destinait à cet usage. Il avait érigé deux magnaneries aux Tuileries et à Madrid , en 1 602 : il en fonda deux autres en 1 605, l'une à Fontainebleau, l'autre à Paris. Il destina à élever les œufs des vers à soie, qu'il faisait venir de Valence en Espagne, son orangerie des Tuileries, dont il hâta fort la construction et l'achèvement pour cet effet '.

Dans la même période de 1603 à 1605, le roi avait pourvu à ce que les progrès des manufactures des draps et étoffes de soie, des draps et étoffes d'or et d'argent marchassent de pair avec la propagation du mûrier et de la soie. Il avait appelé à grands frais dans le royaume les [)lus habiles ouvriers d'Italie, avec la condition qu'ils révéleraient aux Français tous les secrets de leur industrie, qu'ils les instruiraient, d'abord en exécutant les travaux sous leurs yeux et en leur donnant des conseils, ensuite en leur faisant prendre part aux travaux . Dès le commencement de 1603, Henri avait fait venir du Milanezle sieur Turato pour montrer aux nationaux l'art de filer l'or, façon de Milan. Le fil d'or de Milan était plus beau que celui qui se fabriquait en France, quoiqu'on y employât la moitié moins d'or ; par suite de cette dernière circonstance, il coûtait infiniment moins cher. Nous l'achetions aux Italiens, et ce seul article de luxe nous coûtait 3,600,000 livres du temps, environ 13 millions d'aujourd'hui, lesquels sortaient chaque année du royaume. Turato établi à Paris, dans l'hôtel de la flaque, vaste bâtiment situé rue de la

1 Lettre du roi à M. de Rosiij', du 29 mars 1605 : « Mon amy, je » vous prie de faire haster la charpente et couverture de mon oren- » gerie des Tuilleries, afin que caste année je m'en puisse servir à y » faire eslever la graine des vers à soye que j'ay fait venir de Valence » en Espagne, laquelle il faudra faire esclorre aussitôt que les meu- » riers auront jette de quoy les pouvoir nourrir. Vous savez combien » j'affectionne cela ; c'est pourquoy je vous prie encore un coup d'y I) pourvoir, et les faire haster. »

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