‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 67 sur 199 · LES ROUTES ET CHAUSSÉES · texte numérisé non relu

LES ROUTES ET CHAUSSÉES

» livres pour les ponts et chaussées, canal de Loire, (^liii )) et Velle. — En 1606^ poitr les ponts et chaussées^ en » toutes les généralitez, et canaux de Loire et Seine, Clin » et Velle, 422,000 livres. — En 1609, pour les répara- )) tions des ponts et c/iaussées, à M. Louis Arnault, coin- » mis, 1,024,1'>1 livres. Pour turcies et levées, à M. T. » Bédacier, trésorier , 125,000 livres.» En cette année, 1609, les dépenses pour tous les services publics n'excédaient pas, charges payées, la somme de 16,000,500 livres du temps '. Et une somme totale de 1,149,000 livres, formant presque la quatorzième partie des dépenses, était consacrée par le gouvernement aux voies de communication par terre et par eau.

Henri et Sully veillèrent à ce que les provinces et les villes aidassent par des efforts simultanés le gouvernement dans l'exécution des travaux entrepris pour le même ohjet sur tous les points du territoire à la fois. Dès l'année 1601, Sully présentait au roi « un projet d'estat général » de la grande voyrie, ponts, pav^s, chemins, chaussées » et réparations de France, tant royales que provincia- » les. » Sous l'année 1604, il dit que « les armes ne bruyant plus, et le calme paroissant de toutes parts, l'une de ses principales occupations estoit de travailler aux argines, turcies et levées, ponts, pavez, chemins et chaussées, et faire en sorte gîte les deniers octioyez aux villes et cornmunautez pour tels ouvrages y (eussent bien employez ^. « Par la correspondance de Sully avec les divers

• Pour les dépenses faites par le gouvernement, voir: 1° Sully, QEcon. roy., ch. 187, t. II, p. 272-273. Après avoir mentionné spécialement les sommes affectées aux ponts, chaussées et canaux pour les années 1604, 1C05, 1606, Sully, pour les années suivantes, les indique d'une manière générale eu ces termes : « Le resl6 pareil à l'année p/é- » ce'dente et pour les mêmes causes. » 2" Le compte des dépenses pour l'an 1609, arrêté par la Cour des comptes et reproduit par Forbonnais, t. 1", p. 123.

2 Sully, Œcou. roy., cli. 100 et 102, à la fin, t. 1", p. 359 A, 362 U.

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agents et eun>loyés des finances, on voit que les dépenses provinciales et communales de la Normandie pour le rétal)li.<sement et le perfectionnement des diverses voies de communication montaient annuellement à plus de 1 00,000 livres du temps '. 11 y avait alors vingt-trois provinces, moins riches, il est vrai, que la Normandie. Mais en réduisant leur quote part autant qu'on voudra, on arrivera toujours au chiffre d'environ 1 million pour les vingtdeux provinces autres que la Normandie. Toutes ensem- Ide payaient donc 1 million 100,000 francs. En ajoutant à ces oiize cent mille livres les onze cent quarante-neuf mille livres données parle gouvernement, on a 2 miUions 2i9,000 livres du temps, plus de 8 millions d'aujourd'hui pour les dépenses consacrées annuellement aux voies de communication par terre et par eau. Le compte de 1609 donne lieu à une remarque particulière. Dans ce compte on trouve que les neuf dixièmes des fonds faits par le gouvernement sont appliqués aux routes et aux ponts. Les raisons de cette inégalité de répartition entre les voies de communication par terre et les voies de communication par eau sont faciles à saisir. Les voies de communication par terre étaient depuis longtemps les plus pratiquées, et le gouvernement avait à cœur de leur donner tout le développement et toute la perfection dont on avait alors l'idée, avant de se porter fortement et spécialement vers les voies de communication par eau. Des magnifiques projets qu'il avait formés pour les canaux, il n'en avait encore que trois en voie d'exécution. (Juant à l'améliora-

» Sully, Œcon. roy., ch. 163, t. II, p. 166, lettre du 5 décembre 1606: « A sçavoir : Pour les ponts et chaussées du général de la province,

)) tant à Rouen que à Caën 33,000 livres.

» Pour le pout de Rouen, aux deux généralitez. . . 22,500

» Pour les ponts de Maate et de Saint- Cloud 15,000

») Pour le canal de Seine et Loire 30,000

Total 100,300

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(ioii du cours des rivières, infiniment plus généryle et [)lus avancée, elle n'exigeait de sa part que des sacrifices limités par deux raisons. D'un côté, il avait obtenu que l'industrie privée se chargeât d'une partie des travaux, moyennant certains avantages qu'il lui avait assurés. D'une autre part, il avait passé avec les villes et les provinces qui avaient le plus d'intérêt à la navigation locale, des traités qui laissaient la plus grande; partie des frais à leur charge : c'est ce que prouvent les délibérations de la commission ou chambre supérieure du commerce établie par Henri IV.

Henri et Sully appliquèrent les ressources ainsi préparées par eux, et progressivement accrues jusqu'à la fin du règne, au rétablissement des anciennes voies de communication par terre, et à la création des voies nouvelles. Les contemporains nous apprennent que,, dès l'année 1606, sept ans après les premières réformes introduites, après les premiers travaux ordonnés par le roi, dans la plus grande partie des provinces du royaume, les chemins publics « estoient rétablis au profit du trafic. « La plupart avaient été déblayés ou percés de nouveau. Lu grand nombre avaient été redressés pour diminuer les distances entre les centres commerçants. Tous avaient été plantés d'ornies, dont l'ombre devait diminuer la fatigue de ceux qui les parcouraient^ dont le nombre ajoutait en même temps aux richesses forestières du royaume. Si, dans quelques localités, ces arbres avaient été arra'-chés par l'avidité ou l'ignorance grossière des paysans, dans la pin part des provinces ils furent protégés par les hommes éclairés et les bons citoyens ; longtemps après ils subsistaient encore, et étaient désignés sous le nom de Rosnys^ en mémoire de celui qui les avait fait planter '.

1 Isaac de Laffemas, Histoire du commerce, Paris, Du Bray, ICOG, p. 420. «Il seroit besoiu que cliaque droit fust employé selou sou vray

360 IJV. vil. cil. VI LES PONTS.

On voit par les élats de finances de ce grand minisire que le déblavage, le percement, le redressement des routes, ne formaient qu'une partie des travaux entrepris et heureusement exécutés. Le gouvernement avait complété le l)on état des chemins publics par les dépenses qu'il avait consacrées au solide établissement des chaussées et au pavage \

Les ponts forment l'une des principales parties de communications par terre, puisqu'ils continuent à la fois et relient entre eux les grands chemins. La plupart des ponts avaient été détruits en France pendant le cours de la guerre civile et étrangère, les uns par l'effet des opérations militaires et les nécessités de la défense éprouvées tour à tour par les armées des deux partis ; les autres par le défaut d'entretien depuis trente-huit années. A partir de 1599, ils devinrent l'objet de travaux pareils à ceux qui avaient été exécutés pour les grands chemins. Tous les ponts qui existaient antérieurement à cette époque furent rétablis sur toutes les rivières indistinctement, et Ton

» et légitime prétexte. A quoy M. le duc de Sully semble opportuné- » ment incliner quand il recherche de ramener tout à son principe, » et particuUèrement redresser et embelir les chemins en faveur du

» fraffic Pour l'adresse et beauté d'iceux, les ormeaux qu'il a faict

n planter sont infiniment nécessaires, estant certain que si le peuple » ignare en eust recogueu l'utilité, au lieu de les arracher avec mes- » pris, il les eust conservés avec soin, et eust remplacé ceux qui, par » l'injure du temps ou quelque accident , n'eussent eu loisir de » prendre racine et nourriture. »

• Pour l'étabUssement des chaussées et le pavase des routes, Sully, Œcon. roy., ch. 164, t. II, p. 171 B: « Plus, pour la despense faicte )) aux pavez, chemins, chaussées, ponts, turcies, levées, et autres » œuvres publicques de la France. 4,855,000 hvres. » Ces dépenses coa)prennent la période écoulée entre 1599 et 1607. Les 4,855,000 livres du temps correspondent à environ 18 millions d'aujourd'hui. — P. Cayet, Chron. sep., 1. VII, t. II, p. 282 B. Sa narration s'arrête à l'an 1604. Dès ce temps, cependant, une grande partie de cet important travail était terminée, puisqu'il dit : « Par le commandement du » roy, les chemins ont esté pavés de nouveau. »

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