LES PONTS ANCIENS
trouve dans les historiens et dans les états de finances du temps la mention spéciale et nominative de ceux qui furent rebâtis sur les principales rivières. Ainsi Palma Cayet, dont la narration finit à l'année 1604, dit sous cette année : « Durant la dernière guerre, plusieurs ponts » avoient esté ruynés sur les rivières de Seine et Marne ; » mais, par le commandement du roy, ks arcades rom- » pues ont esté refaictes *. » En 1607 et 1608, on voit le roi et Sully réparer ou relever tous les ponts sur la Loire , dont les uns avaient été emportés, dont les autres avaient perdu plusieurs arches, par l'effet d'une violente et extraordinaire inondation '-. C'était un immense travail étendu à un espace de deux cent cinquante lieues, et intéressant les communications directes de six provinces. Le gouvernement s'imposa des sacrifices extraordinaires comme le dégât : il doubla et au delà l'allocation annuelle qu'il avait accordée jusqu'alors aux ponts et chaussées : de 422,000 livres il la porta à 1,021,151 livres du temps ainsi que le prouve le compte de 1609 •'.
La construction de ponts nouveaux marcha de front avec la réparation des ponts anciens. Dès 1598, soit à
' P. Cayet, Chron. sept., an 1604, tome II, page 282 B, collection Michaud.
2 Sully, Œcon. roy., ch. 187, t. II, p. 273 A : « Plus, en l'année » 1607, trente mil livres de plus qu'en 1C06, à cause de quelques ponts » que les grandes eaux avoient emportez sur la rivière de Loire. » Pour l'an 1608, Lettres de Sully et du roi du mois d'octobre, ch. 185, t. II, p. 259 A, B. — Mercure frnncois, année 1608, t. I", fol. 292, recto : « Ce ne fut rien à l'esgal de ce qu'au commencement de l'esté, n les neiges estant fondups aux montagnes de Veslay et d'Auvergne, » il y eust un tel desbordement d'eaux et si subit qu'il n'y eut pont » sur cette rivière (la Loire), qui a plus de 150 lieues de cours, où » quelques arches ne feussent rompues. » Il y a évidemment une erreur typographique dans ce texte. Il faut lire plus de 250 lieues de cours, au lieu de 150 lieues de cours. Le cours réel de la Loire est d'environ 270 lieues communes. Les auteurs du Mercure n'ont pu le réduire à moins de 250 lieues du temps et du paj's.
3 Compte des dépenses de 1609, dans Forbonuais, t. I", p. 123.