‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 82 sur 199 · LE CANAL DE BOURGOGNE COMMENCÉ, PUIS INTERROMPU · texte numérisé non relu

LE CANAL DE BOURGOGNE COMMENCÉ, PUIS INTERROMPU

r Yonne, affluent de la Seine. Après cette visite, on commença les travaux nécessaires pour rendre l'Armançon navigable '. Nous avons constalé précédemment que, soit dès la lin du règne, soit au plus tard en 1612, le cours de cette rivière fut amélioré de manière à lui faire porter bateaux, et à le rendre capable de former l'une des sections de la voie navigable qu'on préparait,

Ainsipour le supplémentdelaligne de grande navigation du midiau nord-ouest delaFrance, Henri IVetSuUyavaient amené les cboses au point que le tracé raisonné et complet était achevé ; qu'un canal à la place del'Ouche impraticable était décidé par le gouvernement, et que son exécution n'était plus qu'une affaire purement administrative ; que l'Armançon, qu'on trouvait à trois lieues de ce canal, était mis en état de servir à une navigation au moins provisoire, jusqu'au moment où l'expérience montrerait s'il avait besoin d'être canalisé lui-même. Par conséquent, entre le Rhône et la Saône navigables, entre l'Yonne et la Seine navigables, la voie de jonction par eau était entièrement préparée à la fin du règne de Henri IV, excepté dans l'intervalle de trois lieues qui se trouvait entre le canal remplaçant l'Ouche et la rivière d'Armançon. En cet endroit un portage, c'est-à-dire un transport de marchandises par terre, devait être établi, jusqu'à ce que l'on eût vaincu les difficultés qui se présentaient pour établir la voie navigable sans solution de continuité.

En 1 6 1 3, le conseil de la régente Marie de Médicis, probablement à l'instigation du président Jeannin^ décida l'exécution du canal de Bourgogne, comme il avait décidé celle du canal du Charollais ou du Centre, et tout aussi vainement. Les travaux du canal de Bourgogne fii-

* Delalande, Des canaux de navigation, c. 9, p. 220, 221 ; Paris, 1778, in-folio.

432 IIV. VII. CH. M. PnOJETS l'OUIl LA LIGNE DU NOUD.

rent cunimencés cette année, mais inti'rrum[)US(Jès Tannée suivante 16H, sous prétexte du reiiouvellenaent des troubles civils et (lu manque tl'argent '. L'entreprise, dès lors ajournée indéfiniment, n'eut de suites quà la fin du xvni' siècle, en 1775, etl'on suivit alors de point en point le tracé et le plan de Henri TV et de Sully, comme on s'y conforma pour le canal du centre.

La dernière ligne de grande navigation vers laquelle se porta leur vaste et féconde intelligence, est celle du midi au nord. Le passage des Mémoires de Sully que nous avons mis précédemment sous les yeux du lecteur, et ceux qu'il trouvera plus loin, prouvent qu'ils songèrent à faire communiquer la Méditerranée à la mer du INord par la jonction de la Saosne avec la Meuze, c'est-à-dire par le Rhône, la Saône, un canal intermédiaire entre la Saône et la Meuse, la Meuse et le Rhin. Mais nous sommes réduifs à cette simple indication, etl'on peut conjecturer avec vraisemblance que le temps leur manqua pour faire à l'égard de cette ligne ce ([u ils avaient fait pour les trois précédentes, pour ajouter à cette idée, à cette donnée générale,des moyens d'application. Les gouvernements venus après le leur ont modifié et pour ainsi dire, divisé leur idée en deux, frayantunenouvelle route navigable au commerce vers le nord par le canal de Saint-Quentin qui unit l'Oise à l'Escaut; vers l'est, par le canal de Monsieur (jui unit la Saône au Rhin, par le Doubs afûuent de la Saône, et par rill affluent du Rhin.

On vient de voir le tableau général des lignes de grande navigation intérieure que Henri IV et Sully conservèrent et rendirent à laFrance, en les arrachant à la négligence et à l'oubli tout près de les détruire ; de celles qu'ils découvrirent et tracèrent, et sur la plupart desquelles ils laissèrent des études si sérieuses, des plans si sagement

' Mercure frauoaiSj anuée 1613, l. IIF, p. 299.

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