TRAVAUX AU CANAL DE RRIARE
taines et ruisseaux, et dans iceliiy n'outreront les eaux ni de la Loire, ni de la Seine. Si bien que l'entreprise ne sera périlleuse; car bien que ces rivières s'entre-conimuniquenl leurs coinmoditez, elles n'auront aucune participation des eaux l'une de l'autre.
» C'est une entreprise qui peut apporter une infinité de commoditez, par le commerce (communication) de ces deux rivières, auxfjueUes se rendent v'mql-cinq ou trente rivières^ qui portent chacune ses marchandises differunles. Par ce canal, Loire est faite Seine, et Seine est faite Loire, sans se loucher.
» De neuf lieues que doit arvoir de long ce canal, il y en a sept de faites du vivant de nostre prince ',»
Henri et Sully voulurent donc mettre en communication les deux fleuves principaux de la France, qui traversent le royaume au centre et dans toute sa largeur; qui reçoivent eux-mêmes trente rivières et les denrées apportées par tous ces cours d'eau des pays les plus fertiles, les plus peuplés, les plus industrieux; qui tombent l'un et l'autre dans l'Océan, et qui par conséquent portent aux peuples maritimes tout ce dont la France a de trop, et leur empruntent ce dont elle manque. Ce que le canal de Briare fit pour les relations de provinces à provinces , pour les débouchés des produits de l'agriculture et de Finduslrie, pour le commerce intérieur et extérieur, pour les approvisionnements de toutes les villes situées sur le cours de la Loire ou sur le cours de la Seine, est incalculable. Un traité spécial serait nécessaire pour faire connaitre dans leur entier les résultats de ces communications nouvelles. Nous en donnerons seulement quelque idée, en faisant connaître, d'après les autorités les plus respectables, sinon les effets indirects et infinis dans leur variété du canal de Briare , au moins ses effets directs et matériels , les uns immédiats , les autres amenés par le temps. Le canal, aussitôt après son achèvement , dès la fin du règne de Louis XIII, reçut mille bateaux, bien
1 Legrain, Décade, l. VIII, p. 421.