SUITE DU RÉSUMÉ
suivants parmi les plans et les devis d'ouvrages publics que le roi demande expressément à Sully à la fin de 1609 quelcjues mois avant sa mort, et qu'il a dessein « de » faire exécuter après, peu' à peu, et selon les temps. »
n M. le duc (le Sully dressera un estai de toutes les constructions nouvelles que l'on juge à propos d'entreprendre pour les navigations des rivières, et leurs canaux nécessaires pour rendre les deux mers communicables par à travers la France. »
V II fournira au roy des devis et accoraiuodements/?o«//a conjonction des trois mers, sans être subject à destroits, caps, raps, poincte, ny manches '• »
L'exécution, arrachée à Henri IV par la mort, à Sully par la disgrâce, fut accomplie par les dix gouvernements qui ont succédé au leur. La grandeur même de leurs desseins repousse toute exagération comme indigne d'elle. Il faut donc qu'il soit bien entendu que des quatre-vingts canaux terminés ou en voie de construction que possède aujourd'hui la France, le plus grand nombre n'appartient pas, même pour Tidée première, même pour le projet, au règne de Henri IV, et revient aux gouvernements suivants. Il faut proclamer de manière à ce qu'on ne puisse s'y méprendre que Henri et Sully dans l'établissement des quatre lignes de grande navigation résolues par eux, se bornèrent au strict nécessaire, à la jonction ordinairement de deux fleuves, et dausun cas à celle de deux fleuves et d'une rivière , au moyen de canaux d'une médiocre étendue. Au début d'une pareille entreprise et ne disposant que de ressources restreintes, ils s'étaient sagement interdit tous les développements donnés à ces lignes, tels que les canaux modernes de la Somme et de Saint- Quentin ; tous les perfectionnements apportés à la navigation des fleuves et des rivières, le canal du Loing et le canal latéral de la Loire par exemple. lien est ainsi d'une
• Sully, CEcon. roy., c. 191, t. II. p. 292 B, 294 B.
460 LIV. vil. en. VI. TRAVAUX nEI.ATlFS AUX MOYENS DE TRANSPORT.
foule d'autres canaux. Mais il n'estpasmoins vrai, pas moins exact, que les gouvernements venus après eux, dans un espace de deux cent «piarante ans, n'ont ajouté que deux lignes à leurs lignes de grande navigation , et que longicmps ces gouvernements ont eu assez de la tâche d'ouvrir les quatre lignes, toutes étudiées et résolues, et les unes ravivées, les autres découvertes et tracées par eux. C'est dans ces conceptions générales, d'une immense portée pour la prospérité de la France, que triomphe leur génie.
§ V. Travaux de Henri IV et Sully relatifs aux moyens de transport et à Véconomie sur les frais de transport. Coches ou voilures publics par terre ou par eau, chevaux de relais et de halage. Mesures législatives prolectrices du commerce intérieur et de la foi publique.
Un gouvernemejit qui vient après de longues guerres civiles et qui, trouvant tout détruit, héritages ethiensdes particuliers, matériel, crédit, confiance, a pourtant la généreuse amhition de rétablir la fortune publique, et de relever un pays si fort déchu, tombé si bas ; ce gouvernement s'impose noblement la formidable tâche de reconstruire en entier et dans ses innombrables parties tout à la fois, l'éditice immense de l'économie politique.
Vainement le roi aurait rétabli et développé l'agriculture et l'industrie; vainement encore il leur aurait ouvert sur tous les points des routes par terre et par eau, aurait abaissé devant elles toutes les barrières naturelles, accompli à leur profit les grands travaux publics dont nous venons de présenter le tableau ; s'il n'avait ajouté une facilité nouvelle, une aide puissante à toutes celles qu'il leur prodiguait déjà. Les produits agricoles et manufacturés couraient risque de se multiplier sans trouver d'emploi, et de demeurer à l'état de masses inertes et inutiles, en face même des chemins destinés à les conduire aux