PRÉLUDES POUR L'AMÉLIORATION DES MOYENS DE TRANSPORT
encore. Par Tédit du iiiuis d'avril 1504, il consolida l'établissement des trois coches ou voitures publiques par terre : il soumit en même temps l'entreprise à une police, et assura aux voyageurs des garanties dont ils avaient manqué jusqu'à ce moment. On doit considérer l'édit de 1594, par les dispositions qu'il contient, comme le premier règlement fait pour un tarif équitable des places, substitué à des prix arbitraires et souvent excessifs; pour l'exactitude et la promptitude des transports, les coches devant faire désormais treize à quatorze lieues par jour ; pour la solidité des voitures et la sûreté des voyageurs ; enfin, pour rétablissement d'une police qui assurât ces dispositions elles-uièmes \
Soumises à une meilleure organisation, les voitures publiques existantes remplissaient mieuxleur destination ; mais cette destination était étroite et bornée. Elles ne
' Édit du mois d'avril 1594, dans les Ane. lois franc., t. XV, p. 88, 89. « Nous attribuons à nostre prévost de Paris, ou son lieutenant civil » juge de la police, de tenir la main qu'il ne se fasse aucunes exac- » lions, outre le règlement et taxes qui en seront sur ce faicts par » nostre dit prcvost de Paris ou son lieutenant; que tous les co- » ches publicqs soient attelez bien et duement, comme il appartient, » de bons et forts chevaux pour tirer; que les coches publicqs soient » menés et conduits par cochers et gens capables et expérimentez » pour les conduire; que les coches soient maintenus en bon équi- » page, afin qu'il n'y advienne aucun destourbier ou empeschemeul » au publicq, tellement qu'ils puissent arriver en lieux propres et ac- » coulumez pour les repues et gistes. » — La taxe pour les places, et le règlement pour la police des coches furent fails, non par le prévôt de Paris ou le lieutenant civil, mais par le Parlement, en même temps que ce corps passa l'euregislremeut le 12 mai 1595. Le prix des places dans les coches fut fixé à un écu un quart, 3 livres 13 sous du temps, environ 16 francs d'aujourd'hui, pour le trajet de Paris à Amieus, Rouen, Orléans, et pour le retour. Le Parlement ordonna de plus au surintendant ou commissaire général des coches « de se trou- » ver deux fois le mois, et plus souvent, si besoin est, à la police, et n faire rapport des abus qui se pourroient à l'advenir commettre, à la » conduite et entretenement desdits coches. » (Contiuuaiion du Traité de la police, de Delamarre, 1. VI, lit. 13, ch. 10, t. IV, p. 6-24.)
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pourvoyaient au transport des voyageurs et des marchandises que dans un rayon de trente lieues autour de Paris, et sur trois lignes seulement. De plus, le transport des denrées par cette voie était resté fort dispendieux, le règlement qui fut fait l'ayant fixé à un sou du temps, par livre pesant : le port de cent livres de marchandises coûtait donc 5 livres du temps en argent, environ 18 francs d'aujourd'hui, et le port de cinq cents livres de marchandises 90 francs. C'est à cette circonstance que les édits postérieurs, rendus peu après, font allusion, quand ils disent que les coches par terre sont d'un usage incommode.
L(; roi sentait combien tout cela était insuffisant; mais avant de faire un pas de plus dans la voie des réformes et des établissements nouveaux, il dut attendre que les temps fussent devenus meilleurs. Ils le devinrent enfin. En 1597, la guerre civile avait fini partout, excepté dans une moitié de la Bretagne : la presque totalité du royaume était pacifiée depuis deux ans, et plusieurs provinces, plus heureuses, l'étaient même depuis trois : les ressources dévorées si longtemps par la guerre étaient déjà passées au service de la paix et de diverses industries, y compris celle des transports publics : quelques classes de citoyens pouvaient déjà venir au secours des autres en plus grand nombre restées profondément misérables : la confiance était revenue sous la protection d'un gouvernement vaincpeur de ses ennemis, ferme et intelligent, déjà sorti de la détresse depuis les premières réformes opérées dans les finances, et depuis le vote des Notables assemblés à Rouen, qui lui avaient créé de nouvelles branches de revenus. Le roi jugea que le moment était venu de former pour les transports publics un grand établissement dont le gouvernement aurait la création et la propriété pour le fond; dont il surveillerait les opéra-