‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 96 sur 199 · LES HELAIS DE CHEVAUX · texte numérisé non relu

LES HELAIS DE CHEVAUX

lions, et notamment réglerait les tarifs conformément aux besoins de la société; auquel il accordait aide, assistance, prestige de son nom, et même subventions dans les circonstances difficiles; mais qu'il donnerait en adjudication comme il donnait alors une partie des impôts eux-mêmes, et dont il livrerait l'exploitation à des particuliers'. C'est sur ce modèle que se .sont formés depuis tant d'établissements, où le concours du gouvernement et celui de l'industrie particulière sont entrés par égale moitié.

Le roi pourvut largement à ce que l'agriculture, l'industrie et le commerce attendaient et réclamaient, par redit de mars 1597 qui instituait les relais de chevaux. Cet édit fournissait à tous ceux qui n'avaient pas le moyen d'acheter et d'entretenir des chevaux les facilités voulues pour franchir à peu de frais et rapidement toutes les distances, les plus grandes comme les plus petites , et pour voiturer d'un lieu dans un autre les denrées qu'ils avaient intérêt à déplacer. Le préambule de l'édit est rempli de vues aussi élevées que pratiques sur les conditions d'existence et sur les besoins de toutes les industries, y compris l'industrie agricole.

« Considérans la pauvreté et la nécessité à laquelle tous nos subjets sont réduits à l'occasion des troubles passés. Considérans que la pluspart d'iceux sont destituez de chevaux, non seulement pour le labourage, mais aussi pour voyager et vacquer à leurs négoces accoutumez ; qu'ils n'ont moyen d'en achepter, n'y de supporter la despense nécessaire pour la nourriture et entretenement d'iceux; que les commerces accoutumez cessent et sont discontinuez en beaucoup d'endroits : que nos subjets ne peuvent librement vaquer à leurs affaires, sinon en prenant la poste qui leur vient à grande cherté et excessive despense, ou bien les coches, lesquels ne sont encore

' Outre lesquelles taxes ne pourront, les adjudicataires desdits relais, « prendre ni exiger aucune chose desdits voyageurs. » L'entreprise est donc livrée par adjudication à l'industrie particulière.

466 Liv. VII. en. vi. ils sont établis sur toutes les routes

et ne peuvent eslrc eslablis en la pluspart des contrées de nostre royaume , et d'ailleurs sont si incommodes que peu de personnes s'en veulent servir. A quoy désirans pourvoir, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit '.»

L'édit établit des relais de chevaux non-seulement sur les grands chemins, comme en avait la poste , mais aussi sur les chemins de traverse. Moyennant le prix de 20 sous tournois du temps, environ 3 francs G G centimes daujourd'hui , celui qui voyageait par terre louait un de ces chevaux publics pour une journée: dans la journée, il parcourait une distance variant entre douze et quinze lieues, après avoir changé le cheval public aux divers relais établis toutes les six lieues. Au delà de la distance de douze à quinze lieues, comprise dans la première journée, il trouvait d'autres chevaux avec lesquels il faisait une seconde journée de chemin, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il fût parvenu au lieu de sa destination. Les marchands, outre ces chevaux de course pour leurs voyages, pouvaient louer à la journée et au prix de 25 sous du temps, 4 francs 50 centimes d'aujourdjhui, dans chacun des lieux de relais, des chevaux de harnois pour le transport de leurs denrées et marchandises. Au prix du louage du cheval s'ajoutait la dépense ordinaire, c'est-à-dire la nourriture du cheval, coûtant 10 sous du temps, 1 franc 80 centimes d'aujourd'hui. Ainsi le total de la dépense pour chaque journée d'un cheval de voyage était de 30 sous d'alors, environ 5 francs" 40 centimes d'aujourd'hui; et pour la journée d'un cheval de harnois de 35 sous d'alors, ou 6 francs 30 centimes d'aujourd'hui. D'autres chevaux, dits de courbe, étaient établis le long des rivières, et tiraient les bateaux ou coches dans lesquels on voiturait par eau les voyageurs , et surtout les marchandises : l'économie re-

' Préambule de l'édit du mois de mars lo97, dans Fontanou, t. IV, p. 857.

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