LIV. 1. CH. IL. DESCRIPTION DES LOCALITÉS ENTRE ARQUES ET DIEPPE
toutes les campagnes suivantes. Une fois ce plan arrêté, il chercha les moyens d’exécution dans la nature des lieux où il plaça ses troupes, dans lès travaux d’art militaire qu’il fit entreprendre.
Une description des localités, telles qu’elles existaient à la fin du xvie siècle, est nécessaire, pour l'intelligence des desseins du roi et des opérations des deux armées. Dans cette description, on se placera en se tournant vers la mer, et en partant d’Arques pour aller à Dieppe. L'espace compris entre Arques et Dieppe est une vallée longue d’une lieue et demie, resserrée entre deux chaînes de collines escarpées, et formant un parallélogramme, un carré oblong et oblique. Le côté méridional de ce carré se composait, dans ses diverses parties, de la tête de la chaussée d'Arques, à l’extrémité du chemin de Neufchâtel; du hameau d’Archelles que les contemporains nomment le bas d’Arques ; ! de la première section de la chaussée d’Arques, coupée en cet endroit de trois ponts, établissant par un étroit chemin la communication entre les deux chaînes de collines de droite et de gauche, et conduisant à l'entrée du bourg d’Arques; enfin du bourg d’Arques luimême, ? Le côté gauche était formé par le château d’Arques; par une vaste enceinte fortifiée, attenante à cette forteresse ; par une chaîne de collines que coupaient de distance en distance d’étroits ravins, et que surmontaient les villages de Gruchet, de Rouxmesnil, du Jardin, de
1 D’Angoulesme, Mém., t. xI1, p. 73. « À la teste de la chaussée » qu’il fallait passer pour aller à Arques. » — Discours au vrai de ce qui s'est passé en l’armée conduicte par Sa Majesté, p. 15. On trouvera quelques pages plus loin les citations textuelles.
? Davila, L x, t. 11, p. 502. « D'une colline à l’autre, le pays pres- » que toujours couvert d’eau, est marécageux et impraticable. On y » passe seulement par un chemin très étroit, coupé de divers ponts » sur la rivière, qui s'y divise en plusieurs branches. » Ce que Davila nomme les trois branches de la rivière sont le ruisseau de Neufchâtel, la Béthune et l’Arques.
ÉTAT DE LA VALLÉE D'ARQUES. hr:
Janval. Le côté du nord présentait dans son développement la citadelle de Dieppe distincte du château, le château de Dieppe, la ville de Dieppe, le port, le pont fortifié à ses deux extrémités et joignant la ville au faubourg voisin, le grand faubourg du Polet. Enfin le côté droit ou oriental était formé par une seconde chaîne de collines, partagée en deux groupes, Le premier groupe, en partant de Dieppe était formé par trois collines qui supportaient sur leur plateau le village de Neuville, le château de Tibermont, les hameaux de Tiberville et de Saint-Léonard. Le second groupe était le côteau de Saint-Etienne, couronné par la forèt d’Arques, et rejoignant à sa pointe occidentale la tête de la chaussée d’Arques et le hameau d’Archelles, à l'extrémité du emin de Neufchâtel. Entre les deux groupes il y a solution de continuité, et l’on rencontrait à leur point de séparation le village de Martin-Hglise 1. L’intervalle entre les deux te de sie est la vallée d’Arques, dont les travaux des hommes ont complétement changé l’état depuis le xvr° siècle. Au fond de la vallée coule une rivière formée par la réunion des trois cours d’eau de la Béthune, de l’Arques, de l’'Eaulne, lesquels se joignent et se confondent un peu ue d’Archelles. La rivière, depuis la réunion des trois cours d’eau jusqu’à son embouchure, est appelée l’Arques par Cassini et par les géographes modernes; mais elle est nommée la Béthune par tous les écrivains du temps de Henri IV. C’est une observation qu'il importe de faire, quand on veut échapper aux confusions et aux erreurs : nous lui conserverons le nom de Béthune que lui donnent les anciens ? 1 Voir la carte de Dieppe dans la topographie française dessinée par C. Chastillon, l’un des topographes de Henri IV ; le plan de Dieppe et des environs par N. Magin, au dépôt de la guerre, cartes manuscri- Es ia gravées, lettre D ; la carte 1 de notre atlas pour le premier vo-
2 Discours au vrai, p. 13. « De Dieppe, sortent deux côteaux, au » milieu desquels est une petite rivière nommée Béthune. » — D'Angou-