‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 123 sur 636 · L'ARMÉE LIGUEUSE CAMPE ENTRE TIBERMONT ET NEUVILLE · texte numérisé non relu

L'ARMÉE LIGUEUSE CAMPE ENTRE TIBERMONT ET NEUVILLE

combinaisons, rendre inutiles tous les travaux de son adversaire. Il s’applaudissait d’avoir trouvé une route qui le conduisait au point qu'il avait résolu d'attaquer, en évitant les fortifications que le roi avait élevées tour à tour à la tête et au flanc de sa position, c’est-à-dire au bourg d’Arques, à Archelles, à l’avenue du village de Martin-Eglise. Plein de ces idées, Mayenne, partant d'Eu, conduisit son armée au hameau de Tibermont, et campa entre ce hameau et la paroisse de Neuville, qui n’est qu'à un quart de lieue du Polet. Il employa les trois premiers jours, du 13 au 16 septembre, à reconnaître ce faubourg et la partie orientale de Dieppe, et à faire les dispositions d’une attaque, au milieu d’escarmouches sans importance entre les deux partis. Le roi, avec sa vigilance accoutumée, fit éclairer les démarches de son ennemi par ses chevau-légers, et s’assura de ses projets par le rapport des prisonniers. Certain qu'il se porterait de sa personne sur le Polet, il disposa tout pour le recevoir conformément aux lois de l'honneur, en même temps qu'aux règles de la grande guerre. Son poste était là où 11 devait trouver le plus grand danger, et l’occasion de se mesurer corps à corps, dès le début, avec le chef de la Ligue. Il laissa donc au maréchal de Biron le commandement du camp d’Arques et du gros de l’armée, et il se rendit en toute hâte, avec un fort détachement, à Dieppe et au Polet. En joignant les troupes qu’il amenait à celles qu’il avait déjà appelées dans ces deux postes, il disposait de 2,000 hommes de troupes régulières. Il les distribua dans la ville, dans le faubourg, dans les lignes fortifiées qu'il venait de faire construire. Il ordonna à toute la cavalerie dieppoise de prendre rang parmi ses soldats. Il renforca la défense du retranchement du Polet par deux compagnies bourgeoises de Dieppe, formant ensemble près de 800 hommes, qu'il y appela le matin l | J:

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