LIV.I. CH. III. DISPOSITIONS FAITES PAR HENRI POUR LA RECEVOIR
même du 16 septembre, une heure avant le jour et la première attaque de l'ennemi. Derrière ces troupes concentrées au retranchement, se tenait la population des Poltais, armée en masse et prète à défendre ses foyers. Le roi attentif à tout, profitant de tout, prévoyant tout, prit une dernière mesure de précaution. Il disposa les canons des vaisseaux qui mouillaient dans le port, de manière à favoriser la retraite de ses troupes, et à arrêter l'attaque des Ligueurs contre Dieppe, dans le cas où 1ls parviendraient à surmonter cette résistance échelonnée, et à s'emparer du Polet contre sa légitime attente *.
Le plan de Mayenne était d’emporter le Polet, d'y élever des batteries qui, foudroyant l'entrée du port, priveraient, dès l’abord, le roi des secours qu'il attendait d'Angleterre et d’'Ecosse; couperaient les vivres à son armée, en interceptant ses communications avec la basse Normandie; l’affaibliraient actuellement, et prépareraient, en outre, sa ruine. En effet, dans les calculs du duc, la
1 De Thou, 1. 97, $ 2, p. 801, et le Discours au vrai, p.16, donnent la date du 13 septembre pour l’arrivée de Mayenne et de son armée en vue des positions du roi, et indiquent ce que le duc fit du 13 au 16. « Les ennemis y arrivèrent (vers le coteau du Polet) le treizième » du mois de septembre, et se teinrent pour les trois premiers jours » logez un peu loin. » D’Angoulesme, p. 74 B, 75, 76, fait séjourner Mayenne et son armée à Eu jusqu’au 15 septembre, et dit qu'ils partirent d’Eu ce jour là, pour marcher contre le Polet et le camp d’Arques. Il y a lacune ou erreur dans le texte de d’Angoulesme en cet endroit, comme il y en a une autre évidente, p. 78, $ 3, quand il assigne le 27 septembre, au lieu du 21, pour le combat principal entre les deux armées, pour la journée d’Arques. Pour les autres détails, voir les Mémoires chronol. de Desmarquets, p. 271, 279 et 243; et Matthieu, 1. 1, p.14. «Il donna la deffense du Polet à Chastillon, » mit en garde le vidame de Chartres, ordonna à Canisy de le sous- » tenir avec huit cents chevaux s'il estoit attaqué, et de se retirer à » la faveur du canon qui estoit dans’ les navires. » — La Force, Mém., c. 3, p. 80. «Il y avoit à la ville de Dieppe, pour sa défense et » celle des retranchements qui avoient été faits, environ deux mille » hommes. »