‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 125 sur 636 · MAYENNE SE PRÉPARE A ATTAQUER LE POLET ET DIEPPE · texte numérisé non relu

MAYENNE SE PRÉPARE A ATTAQUER LE POLET ET DIEPPE

conséquence nécessaire de l’occupation du Polet était la conquête de Dieppe, la ville n’étant séparée du faubourg que par un pont, et devant se trouver bientôt dominée par ce poste, écrasée de feux plongeants, assaillie par des masses de troupes sans cesse renouvelées . Pour faciliter l’entreprise sur le Polet, une division de l’armée de la Ligue devait en même temps attaquer et occuper l’armée royale, postée au camp d’Arques, et l'empêcher de se porter à la défense du roi et de la place. Ou bien Henri en profitant du court répit que lui donnerait la résistance des siens, s’embarquerait et vuiderait le royaume; ou bien s’il s’opinitrait à défendre Dieppe, 1l y serait accablé. Mayenne, plein de confiance dans l’extrème supé— riorité de ses forces, ne doutait pas du succès et comptait terminer la guerre d’un coup. Ce plan n'aurait eu quelque chance de succès que si le due, gagnant plusieurs jours, avait précipité l'exécution et ses mouvements. Quand il agit, le roi par des prodiges d'activité, par les fortifications construites, par un emploi intelligent des forces locales jointes aux forces de son armée, avait donne au Polet des moyens de défense pareils à ceux qu'il avait établis aux abords d’Arques, à avenue d’Archelles, à l'avenue de Martin-Eglise, et assuré à la ligne entière de la position une fermeté de résistance que des efforts extraordinaires pouvaient seuls désormais surmonter.

Le 16 septembre, à cinq heures du matin, l’armée de la Ligue sortit de son camp et marcha sur deux colonnes. La division de droite que le duc de Mayenne commandait lui-même, et dans laquelle il avait placé la plus erande partie de son infanterie et sa grosse cavalerie, se porta sur le Polet, où elle trouva le roi en tête. La division de gauche, aux ordres du duc de Nemours, et composée du reste de l’infanterie et de la cavalerie légère,

1 Davila, 1, 10, t. 11, p. 504.

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