ET CONTRE LE CAMP DU ROI. ILS SONT REPOUSSÉS PARTOUT
quittant ses tranchées, descendit une eôte haute et rapide, occupa le village de Martin-Eglise, où il établit sa cavalerie et son infanterie, se saisit d’un pont jeté sur la petite rivière d’'Eaulne, et se trouva alors à portée du camp des royaux. Il envoya quelques escadrons escarmoucher contre leurs gardes avancées, avant d’attaquer avec son infanterie et les forces réunies de sa division le retranchement de la Maladrerie, qu’il avait le dessein d’enlever. Sur l’ordre du maréchal de Biron, le comte d’Auvergne fit une charge impétueuse contre les escadrons ennemis avec la compagnie des chevau -légers du roi commandée par Harambure, celle de Lorges et 200 hommes du régiment de Brigneux. Le détachement ligueur, enfoncé après quelque résistance, se retira en désordre vers le village et vers le gros de son armée. Le maréchal de Biron, accouru sur les pas de ses cavaliers vainqueurs, avec les seigneurs qui servaient comme volontaires, et avec l'infanterie que commandait Montmorency-Damville, forca le passage du pont, puis les barricades qui le défendaient du côté de Martin-Eglise, pénétra dans le village, mit en déroute tout ce qui s’y trouvait, infanterie et cavalerie, tua ou fit prisonniers aux Ligueurs quatre cents hommes, parmi lesquels vingt-deux officiers, tandis que lui-même ne perdit pas un homme et n’eut que quelques blessés. Il resta assez longtemps dans le village pour offrir leur revanche aux ennemis, sans qu’ils essayassent de la prendre, après quoi 1l replia ses troupes et les ramena dans le camp. Ce ne fut qu'au milieu de la nuit que Nemours et sa division rentrèrent dans Martin- Eglise, volontairement abandonné par Biron, et s’y établirent !.
1 D’Angoulesme, Mém., p. 76, 77. — Discours au vrai, p. 17. — P. Matthieu, Hist. de Henry IV, L 4, p. 14,15.— Lettre d’un gentilhomme
écrite le 22 septembre, p. 146. « En mesme temps, M. le mareschal de » Biron sortit d’Arques (le camp d’Arques) avec environ deux cents