LIV. I. CH. HI. NOUVEAUX ENGAGEMENTS ENTRE L'ARMÉE
L’issue de ces deux premiers engagements étonna merveilleusement les chefs ligueurs. Ils étaient venus avec l’idée qu'ils avaient moins à combattre l'ennemi qu'à le dissiper, et ils sortaient de ces préludes de la lutte, bravés et battus. S’ils conservaient encore quelques illusions, ce qui suivit acheva de les détruire. A la nuit qu'il fallut passer non loin des retranchements du Polet, les soldats de Mayenne bivouaquant au milieu des hameaux détruits, de la campagne dévastée par le rot, éprouvèrent tous les genres d’incommodités et de privations. Le lendemain, leur chef voulait les laisser se refaire d’une journée et d’une nuit si laborieuses, et leur donner du repos. Mais les Poltais, impatients qu’on leur accordât le moindre relâche, allèrent attaquer leurs quartiers, en enlevèrent un, leur tuèrent cent hommes, et dans le nombre l'officier supérieur qui commandait ce poste. Le mème jour, le duc de Nemours essaya de faire avec son canon, ce qu'il n’avait pu effectuer la veille avec la force et le courage de ses troupes : 1l dirigea pendant deux heures le feu d’une batterie contre le retran— chement de la Maladrerie, ou tranchée perdue, mais il ne parvint même pas à l’entamer. Mayenne, de son côté, tenta pour la seconde fois les approches de Dieppe. II avaitessayé de pénétrer Jusqu'à la ville en se présentant par le Polet, et il avait échoué : il voulut se frayer un autre passage vers la place, en allant rejoindre la chaussée d’Arques et la route qui conduisait à la porte de la Barre. Son but était en même temps de couper le roi et le corps qui défendait le Polet, du camp fortifié et des troupes qui le gardaient, en occupant avec les for- » chevaux et trois cents harquebusiers, sur huit cents des ennemis » qu'il mit en route, en laquelle en demeura quatre cents et plus. » Mézeray, t. 1, p. 704, nous apprend que Charles de Montimorency-
Damwville, autrefois appelé Méru, frère du duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, était colonel des Suisses,