‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 133 sur 636 · DES TROIS LIGNES DE L'ARMÉE ROYALE DANS L'INTÉRIEUR DU CAMP · texte numérisé non relu

DES TROIS LIGNES DE L'ARMÉE ROYALE DANS L'INTÉRIEUR DU CAMP

Enfin la troisième division occupa et protégea le prèncipal retranchement, celui qu'on avait construit près d’Archelles, à la tête de la:chaussée d’Arques. Quelques contemporains le nommentle second retranchement quoiqu'il eût été élevé le premier, parce qu’ils considèrent, non l’ordre des temps dans lequel les deux retranchements avaient été construits, mais leur position par rapport à l’armée de la Ligue, au moment où elle attaqua l’armée royale, en partant de Martin-Église !. La division préposée à la garde du principal retranchentent présentait un effectif de trois mille six cents hommes : c’étaient trois mille trois cents fantassins, les uns francais, les autres suisses des régiments de Soleure et de Baltazar ; et trois cents cavaliers, fournis par la séconde moitié du corps de la cornette blanche , et par les compagnies des princes de Conti et de Montpensier. La cornette blanche elle-même, ou enseigne du roi, avait été placée en tête de ce retranchement ?.

1 La Force, L. 4, c. 3, p. 79 et 87, dit : le principal retranchement, les principaux retranchements. D'Angoulesme, p. 80 A, dit : le second retranchement. « La plaine qui estoit entre le premier retranchement » que nous avions perdu et le second qui estoit à la teste de la » chaussée d’Arques. »

2 La Force, c. 3, p. 79. « Nos principaux retranchements étoient » derrière celui-là au devant du bourg d’Arques..… Les François gar- » doient ledit retranchement et étoient environ trois mille six cents. » — B'Angoulesme, p. 80 A. « Le second retranchement qui estoit à la » teste de la chaussée d’Arques, gardée par les régimens de Solleure » et de Baltazar. La cornette blanche étoit en bataille à la teste du » deuxième retranchement; celles de MM. les princes de Conty et de » Montpersier bordoient le chemin qui va d’Arques (Archelles) à la » Chapelle.» — Le Discours au vrai, p. 21, dit aussi : « Ledit retran- » chement (le principal ou second retranchement) que gardoit l’autre » régiment des Suisses. » — La Force, c. 3, p. 78, dit : « L'armée du » roy n'étoit pas composée de plus de neuf mille hommes de pied et » d'environ huit cents chevaux. » Puisqu’aux deux premières lignes on avait rangé cinq cents chevaux, évidemment il en restait trois cents environ pour la troisième ligne ou principal retranchement,

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Ainsi il ne fallait pas à Mayenne moins de trois attaques successives , toutes trois heureuses, pour rester maitre du camp du roi, et pour s’assurer l'avantage de cette Journée. Il trouvait aux deux premières lignes deux généraux consommés dans l’art de la guerre, des chefs de troupes et des soldats d’une intrépidité sans égale. Enfin il devait combattre dans un espace resserré, dans une sorte de défilé, où la multitude des soldats perdait une partie de sa puissance. Malgré l’habileté de ses dispositions, Henri frappé de l’extrème infériorité de son armée sous le rapport du nombre, chercha à la corriger en donnant des auxiliaires à ses troupes régulières, et en leur préparant des renforts, dans le cas où le combat se prolongerait. L'histoire locale, confirmée par des actes authentiques postérieurs, nous apprend que le roi s’aida des forces de la population dieppoise ; qu’il grossit les rangs de son armée de toute la cavalerie, des volontaires bien armés, et bien montés, de quatre compagnies bourgeoises, de quatre compagnies salariées de Dieppe, formant ensemble environ deux mille hommes. Les récits du combat faits par les grands seigneurs, les narrations nobles, omettent ce concours de la bourgeoisie, que la vérité h1storique doit rétablir !, Le roi en assignant à un corps considérable de ses troupes régulières la défense du Polet et de Dieppe, crut qu’il pouvait sans danger, et l’événement le justifia, mobiliser pour quelques heures une partie de ce corps, et l'appeler sur le champ de bataille au secours de son armée. Aussi dès le commencement de l'attaque des Ligueurs, il dépêcha à Dieppe vers Chastillon pour lui enjoindre de venir en diligence par delà la

1 Mémoires chron. pour servir à l'histoire de Dieppe, t. 1, p. 274, d'après les Mémoires contemporains d'Estancelin, Dablon, Gonie, Asseline. Voir ci-après, à la suite de l'affaire du 21 septembre, des

lettres de noblesse délivrées au sieur Etrepagny, les priviléges accordés aux Dieppois.

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