TÊTE DU CAMP DU ROI, PAR LES LIGUEURS : ILS SONT REPOUSSÉS
heur plus grand encore. Le premier escadron ligueur, celui des Albanais, fut vigoureusement recu par les chevau-légers de Fournier et défait; le chef Jean-Marc fut tué. Le second, commandé par Sagonne, l’un des mestres de camp de la Ligue, se présenta ensuite. Le comte d’Auvergne le provoqua au combat comme l’un des meurtriers de Henri IIT en qualité de Ligueur. Le comte n’avait alors que seize ans. Sagonne lui cria : « Du fouet, » du fouet, petit garcon! » Il se précipita sur lui avec une aveugle fureur, et ne blessa que son cheval du coup qu’il lui destinait. Le petit garcon lui cassa la cuisse d’un coup de pistolet, et Sagonne en tombant se tua. Ses soldats épouvantés tournèrent le dos, et furent poursuivis par les royaux jusqu’à l’escadron de Balagny, qui rompit sans attendre le choc de l’ennemi. Le duc de Nemours s’avança pour réparer ces revers, et y ajouta. Son escadron chargé de front par le comte d'Auvergne, en flanc par La Force et Bacqueville, avec une impétuosité 1rré-— sistible, se renversa sur celui du duc d’Aumale qui le suivait, et y porta un affreux désordre. Il fallut que Mayenne marchàât avec sa réserve, pour prévenir une déroute totale. Son infanterie, à la vue des nombreux échecs es— suyés par sa cavalerie, prit l’épouvante et s'enfuit confusément de la tranchée perdue ou premier retranchement des royaux, qu’elle avait un moment occupé !.
Tout jusque-là avait réussi aux royaux. Les chances défavorables arrivèrent à leur tour, mais contrairement aux lois de la guerre ordinaire, comme aux règles de la loyauté entre ennemis. Il importait peu à Mayenne de dérober la victoire, pourvu qu’il l’obtint. IL résolut d’attaquer les royaux au dehors avec ses forces marchant en bataille, au dedans avec une troupe introduite fraudu-
1 D’Angoulesme, Mém., t. x1, p. 79 À, B. — La Force, Mém., L. 7, 6. 3, p. 81. — Discours au vrai, p. 20, 21.