‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 138 sur 636 · LIV. 1. CH. III. TRAHISON DES LANSQUENETS DE MAYENNE · texte numérisé non relu

LIV. 1. CH. III. TRAHISON DES LANSQUENETS DE MAYENNE

leusement dans leur camp. Par son ordre, ses lansquenets arrivèrent jusqu’au pied de la tranchée perdue en criant vive le roi! et en se présentant comme transfuges. Leurs compatriotes, les lansquenets royaux, trompés par ces démonstrations, leur donnèrent eux-mêmes les mains et les attirèrent à leur retranchement. Biron survenant, ils abaissèrent leurs drapeaux et leurs piques, et lui dirent qu'ils voulaient se rendre et servir le roi, sous la condition qu’il leur garantirait ce que Mayenne leur devait de solde. Le maréchal et le roi lui-même ajoutèrent foi à leurs protestations, parce qu’ils étaient entrés en traité avec la couronne dès le temps de Henri IT : ils les reçurent à composition, et leur ordonnèrent de se retirer à l'écart, vers la main droite, chargeant deux ofhiciers supérieurs de veiller sur leurs mouvements. Ils se tinrent immobiles, et dans l'attitude de la soumission, jusqu’à ce que les engagements recommencassent entre les deux partis. Mayenne ayant reformé ses troupes, dirigea une seconde attaque générale contre la tranchée perdue, avec sa cavalerie et son infanterie, et ce dernier corps ne tarda pas à pénétrer sur quelques points de la ligne du camp royal. Les lansquenets de la Ligue voyant cet avantage des leurs, jugèrent leur moment venu. Alors, par une perfidie sans précédent et sans nom, ils se jetèrent sur tout ce qui était autour d'eux, tuèrent, blessèrent ou firent prisonniers les lansquenets royaux et les aventuriers suisses, s’assurèrent de la personne des ofliciers chargés de les surveiller, déchargèrent leurs arquebuses sur la troupe du roi et sur celle du maréchal Biron, et répandirent partout le désordre et l’effroi. L’un de leurs capitaines put pénétrer jusqu’au roi, le somma de se rendre au duc de Mayenne, et présentant son épieu contre lui, s’avança d’un pas pour l’en frapper. Henri le désarma, le fit prisonnier et défendit à ses gardes de lui donner la

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