‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 139 sur 636 · LES LIGUEURS S'EMPARENT DE LA TRANCHÉE PERDUE · texte numérisé non relu

LES LIGUEURS S'EMPARENT DE LA TRANCHÉE PERDUE

mort. Echappé à ce danger personnel, il se retrouva en présence de la périlleuse Mate de la situation, ayant à lutter à la fois contre la force, le nombre et la ruse. Les Ligueurs, aidés par la derbi de leurs lansquenets et redoublant d’eflorts, s’emparèrent enfin de la tranchée perdue ou premier retranchement, occupèrent la prairie voisine, etse virent maitres de toute la partie du camp du roi rapprochée de Martin-Eglise. Poussés par Mayenne, 1ls marchèrent en gros corps et la pique basse vers la troupe où était le roi, entre les deux retranchements. Le duc espérait forcer cette ligne intermédiaire comme la première, marcher de là victorieusement à l'attaque de la troisième, et achever la ruine de l’ennemi et son succès par la prise du principal retranchement *. -

Du côté des royaux tous les chefs de corps, et Henri plus que personne, firent des prodiges pour disputer le terrain à l’ennemi et pour arrêter sa marche. Le maréchal de Biron donna ce qu’il avait de cavalerie au grandprévôt Richelieu et au vidame de Chartres Maligny, leur ordonna de harceler par des charges vigoureuses et incessantes l'infanterie ligueuse, tandis que lui-même l’attaquait avec ses Te et à parvint à la refouler un moment. Mais 1l se trouva bientôt hors d’état de boucher le passage à ce flot d’ennemis; il fut trop heureux d’empêcher sa troupe d’être écrasée, et de la maintenir en ordre de bataille, au pied du côteau de Saint - Étienne. Le comte d'Auvergne et La Force, à la tête de leurs escadrons, attaquèrent avec furie la cavalerie ennemie et la contragnirent à reculer deux fois. Mais si leur cou- : rage restait entier, les forces et les moyens de défense étaient presque épuisés, après un combat qui durait de-

1 D’Angoulesme, Mém., t. xt, p. 79 B, 80 A. — La Force, Mém., 1. 1, c. 3, p. 85, 86. — Discours au vrai, p. 21, 22. — Rosny, Lettre à Corbinelli, p. 46-48. — Lettre d’un gentilhomme, p. 148, 149.

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