‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 140 sur 636 · LIV. I. CH III. COMBATS LIVRÉS ENTRE LA TRANCHÉE PERDUE · texte numérisé non relu

LIV. I. CH III. COMBATS LIVRÉS ENTRE LA TRANCHÉE PERDUE

puis cinq heures. La Force avait quarante-neuf hommes ou chevaux tués ou blessés de sa seule compagnie. Lui-même était si accablé de fatigue que, s'appuyant sur l’arcon de sa selle, 1l dit plusieurs fois : « Je n’a » plus ni force ni haleine! » Le comte d'Auvergne et lui furent contraints de se replier vers la seconde ligne de l’armée, vers les Suisses de Galaty et vers l’escadron du roi, et d’y chercher une protection pour eux-mêmes, un point d'appui pour les corps qu’ils commandaient. Henri conduisit le reste de la cavalerie au combat, chargea l’ennemi jusqu’à dix fois, rallia ses troupes trois fois, et eut deux chevaux tués sous lui. Voyant les siens faiblir, 1l tentait par cris, par prières, par menaces, tantôt d'arrêter l’un, tantôt de remettre l’autre à son rang, demandant à haute voix si, dans toute la France, il n’y aurait pas cinquante gentilshommes qui eussent assez de résolution et de cœur pour mourir avec leur roi. Ces efforts et ces reproches restèrent vains quelque temps; c'était le moment de la panique : de deux cent quarante chevaux qui combattaient autour de lui, il n’en demeura bientôt que quatre. Après la dispersion de ses cavaliers, Henri se retira à la seconde ligne et vers le bataillon des Suisses.

L’infanterie et la ie ie de la Ligue, s’étant réunies et ralliées, s’avancèrent rapidement entre la tranchée perdue et la seconde ligne des royaux. Arrivées à trois cents pas de cette ligne, elles se présentèrent si nombreuses qu’elles ne laissaient pas un pied de terrain vide, et que littéralement elles couvraient la terre 1. |

1 La Force, Mém., 1. 1, ©. 3, p. 83, 84, 85, 86, 87. — D'’Angoulesme, Mém., t.xI, p. 80. — Rosny, Lettre à Corbinelli, p. 46. — Lettre d’un gentilhomme, p. 149. — Davila, L. x, t. 11, p. 510. — P. Matthieu, 1. 1, p. 15, 16. Voici quelques détails sur ce que fit le roi pour la défense du terrain entre la tranchée perdue et la seconde ligne de l'armée, et sur la panique et la dispersion momentanée du gros de sa cavalerie, que Matthieu tenait de la bouche même de Henri.

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