LIV. I. CH. HI. INTRÉPIDITÉ DU ROI ET DE TOUS LES CHEFS
du colonel Galaty et lui dit : « Mon père, gardez moy une » picque icy, Car Je veux combattre à la teste de vostre » bataillon. » Ainsi, au sortir de la lutte à cheval, soutenue avec le gros de la cavalerie francaise, 1l venait en commencer une autre à pied et dans les rangs de l’infanterie suisse, pour la défense de sa seconde ligne !.
Deux hommes, animés de son esprit et enflammés par son exemple, lui vinrent diversement en aide, lui fournirent les moyens de sortir de la périlleuse situation où il était engagé, et changèrent la face des affaires. Le premier fut le colonel Galaty, qui ce jour-là montra ce que peut, contre une armée entière, un corps d'infanterie solide commandé par un chef habile et résolu. L’infanterie et la cavalerie de la Ligue, venant de deux côtés, se précipitèrent sur le gros bataillon des Suisses, faisant leur dernier effort pour le culbuter, et pour jeter toutes les troupes-du roi dans son second et principal retranchement. Ni le nombre des ennemis, n1 la perte de soixante de ses soldats abattus au premier choc n’ébranlèrent Galaty. Il opposa aux troupes de Mayenne un mur infranchissable, les décima par un feu meurtrier avec Paide des ar be postés dans les haies, et les arrèta court. Tout alors du côté du parti du roi commença à se rétablir. Le duc de Montpensier, posté au principal retranchement et à la troisième ligne, amena à Henri ses cavaliers de réserve : les fuyards se rallièrent, et le roi, replacé tout à coup à la tête d’un corps nombreux de cavalerie, put reprendre l'offensive contre celle de la Ligue. Les valeureux escadrons du comte d'Auvergne et de La Force, secondés par cette troupe, aidés par cette attaque,
! La Force, p. 87 et 84. Il dit à cette dernière page : « La Force » demeura à cet exercice jusqu’à la fin et maintint toujours le com- » bat. Le roy dit souvent que la France lui devoit beaucoup de cette
» journée.» — Sully, CEcon. roy., c. 28, p. 73 B. — Pour le mot du roi au colonel Galaty, voir P. Matthieu, ji. 1, p. 15, j