DE PICARDIE VIENNENT AU SECOURS DU ROÏ. MAYENNE DEÉCAMPE
Longueville, d’Aumont, le comte de Soissons, longtemps arrêtés par de misérables querelles, s'étaient enfin accordés, et amenaient de Picardie au roi une seconde armée, qui n’était plus qu’à deux journées de marche. Mayenne craignant de se trouver entre deux armées, leva le siége, comme disent les contemporains, qui témoignent ainsi jusqu’au bout sur le genre d'engagements qui eurent lieu entre les deux partis. Le duc décampa le vendredi 6 octobre, après vingt-trois jours d’attaques dirigées contre les divers points de la position du roi, douze jours contre le Polet et le camp d’Arques, onze jours contre le bourg d'Arques et la ville de Dieppe. En s’éloignant de cette ville, 1l prit sa route vers la Picardie, pour être à portée des Pays-Bas et des renforts qu’il demandait aux Espagnols. Le roi le harcela dans sa retraite, et continua à faire la guerre autant à son matériel et à ses provisions qu'à ses troupes, persuadé que c’était un moyen au moins égal de l’affaiblir. Le premier Jour, 1l le suivit lui-même à la tête de trois mille hommes, enleva le quartier du chevalier d'Aumale, et captura outre une quantité de meubles précieux, un nombre infini d'arquebuses et d’autres armes. Le second jour, 1l attacha à sa poursuite un corps dé chevau-légers, qui prirent un convoi de 200 bœufs destinés à la nourriture de l’armée ligueuse : ce convoi amené au roi le mit en état de faire aux Suisses une avance sur la solde qui leur était due !.
Henri, revenu de la poursuite des Ligueurs et rentré à Dieppe, envoya sur-le-champ quelques officiers à son armée de Picardie, pour la prémunir contre les surprises, et contre les démarches téméraires. Il lui enjoignit étroi-
1 D’Angoulesme, Mém., t. XI, p. 84, 85. — La Force, Mém., L. 1, ©. 3, p. 95. — Discours au vrai, p. 27. — P. Matthieu, L. 1, p. 17. — Thuanus, 1. XCvI, $ 11, p. 804. Pour la date de la retraite de Mayenne,
que les contemporains fixent diversement, voyez la note à la fin du volume, parmi les Documents historiques.