‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 156 sur 636 · LIV. I. CH. III. HENRI REÇOIT UN SECOURS DE 4000 ANGLAIS · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. III. HENRI REÇOIT UN SECOURS DE 4000 ANGLAIS

| tement, dans le cas où elle serait approchée par le duc de Mayenne, de ne pas accepter la bataille, de se retrancher, d'attendre que le roi füt accouru de Dieppe à la tête de son armée, et se fut joint à elle, pour en venir aux mains avec l'ennemi. En même temps, il ordonna à deux cents cavaliers de suivre la marche des Ligueurs, de s’assurer exactement de la direction qu’ils suivraient, de recueillir tout ce qui pourrait l’éclairer sur leurs projets, et de l’en informer sans retard. Pendant le voyage de ces chevaulégers qui fut de deux jours, il recut le second secours d'hommes dont l’aidaient ses alliés. Il présida au débarquement d’un corps de quatre mille Anglais, en trois ré-— giments, que la reine Elisabeth lui envoyait sous la conduite de lord Willughby. Il visita l'amiral sur son bord, malgré les avis contraires de ses serviteurs qui craignaient pour la sûreté de sa personne : il passa en revue sur la plage les soldats anglais, en parcourant tous les rangs : par l'abandon de sa confiance, par son affabilité, 1l gagna dès l’abord, l'affection de ce peuple, qui de tous cède le moins aux entrainements du premier mouvement. Cependant les officiers qu’il avait dépêchés à l’armée de Picardie rentrèrent à Dieppe, et lui apprirent que cette armée séjournait actuellement à Gournay, abandonné par les Ligueurs, et que le lendemain elle marcherait sur Gamaches. Ses coureurs revinrent de leur côté, et l’in— formèrent que Mayenne, au partir de Gamaches, avait pris sa route par Oisemont et par Brèves, pour se rendre de là à Amiens, et qu’il n’avait aucun dessein de se porter à la rencontre de l’armée de Picardie. Sur ces avis, le roi laissa le commandement de l’armée d’Arques au maréchal de Biron, partit le lendemain dès la pointe du Jour, avec une escorte de sept cents cavaliers, et après être demeuré près de quinze heures à cheval sans repaitre, 1l joignit son armée de Picardie près de Gamaches.

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