FORCES DONT IL DISPOSE : RETRAITE ET MARCHE DE MAYENNE
Le soir, au souper, 1l raconta les combats d’Arques et de Dieppe, comblant d’éloges tous les capitaines qui l’avaient aidé à vaincre les Détente enflammant les nouveaux venus d’une généreuse don remerciant la noblesse de Picardie d’avoir tout quitté pour le venir secourir , sans laisser entrevoir son juste mécontentement contre les chefs, et leurs blämables délais, car sa cause avait besoin de ne concours. Le te dl il prit la ville et le château de Gamaches, et peu après celle d'Eu, presque sous les yeux de Mayenne qui n’était qu’à cinq lieues de là, et le provoqua ainsi à un combat qu’il n’osa accepter. Retournant à Dieppe, 1l conduisit quelques jours après l’armée d’Arques à Gamaches, la joignit à l’armée de Picardie, et se vit alors à la tête de quatorze mille fantassins et de quatre mille chevaux. Un prêt de 60,000 écus, que les Hollandais lui envoyèrent, joint aux fonds qu'il avait recus d'Angleterre et à la vente du butin fait sur l'ennemi, le mit à même de pourvoir pour quelque temps à la solde de ses troupes. Il se trouva donc alors avec les forces et les ressources nécessaires pour tenir la campaane, et prendre le rôle agressif !.
Henri avait contracté beaucoup de dettes de reconnaissance envers ses serviteurs : 1l acquitta toutes celles qu'il pouvait payer en ce moment. La noblesse avait beaucoup
1 D'Angoulesme, t. x1, p. 84-87. À cette dernière page, il expose comment les misérables querelles pour le commandement entre Longueville et Soissons, qui avaient si longtemps retardé l’arrivée de Picardie, se renouvelèrent à Gamaches en présence du roi. — Discours au vrai, p. 28, 29. — Lettres missives des 1%, 3, 7, 16 octobre, t. II, p. 51-58. Dans la première, p. 53, le roi fixe au 2 octobre l’arrivée du secours anglais, deux jours après celle du secours écossais. « 17 » octobre : quatre mille Anglais qui me doibvent demain arriver, et » quinze cents Escossais qui sont dès hier icy. » D’Angoulesme réduit à douze cent soixante le secours écossais. Les trois noms qu’il donne pour les colonels des régiments anglais sont : lord Hoillien, chevalier Sauvage, Sorcaril.
134 LIV. 1. CH. Il. GRATITUDE DU ROI ENVERS LES VILLES NORMANDES,
fait, mais n'avait pas tout fait dans les événements accomplis depuis un mois. La bourgeoisie avait rendu des services de toute espèce : elle s'était montrée admirable de dévouement pour la cause du roi, qui était la cause nationale : elle avait lutté d’énergie et de sacrifices avec la magistrature, cette autre portion du tiers-état, représentée alors par les de Harlay, les Pasquier, les Groulart. Les habitants de Caen avaient largement contribué à nourrir l’armée : ! Henri par acte du 11 octobre leur accorda la confirmation de leurs priviléges et tous les articles de faveur qu’ils avaient sollicités. Les Dieppois et les Poltais , on vient de le voir, avaient mis à sa disposition leurs biens et leurs vies, et en toute rencontre, combattu dans les rangs de ses, soldats. Le roi les gratifia dans leurs libertés locales, dans leurs intérêts, dans leur honneur. Il confirma leurs priviléges, et les exempta de toutes tailles, impositions foraines, aides, subsides et subventions quelconques : par ses lettres patentes du 15 octobre, il donna à la ville dix mille livres par an, à prendre sur la ferme des traites pendant neuf ans : 1l ennoblit les échevins et le plus grand nombre des capitaines des compagnies bourgeoises, qui avaient rivalisé de courage avec ses plus braves officiers ?. IL témoigna d’une manière
1 Dans sa lettre du 27 septembre, t. 111, p. 49, 50, le roi leur demande de fournir à l’armée vingt muids de blé converti en farine. Cette réquisition avait nécessairement été précédée de plusieurs autres.
? Lettre du roi, du 11 octobre, à la ville de Caen, dans les Lettres miss., {. III, p. 57. « Pour tesmoignage de quoy, nous avons favora- » blement respondu les articles que vostre depputé nous a présentez » de vostre part. » — Recueil général des édits, déclarations, lettrespatentes données en faveur des habitants de la ville de Caen, p. 1-8. Dans la confirmation des priviléges .des habitants de Dieppe, on lit p. 3 : « Considérans le secours qu’il nous ont libéralement fait en ces » troubles, remuemens d'armes, et temps d’infidélité, ayant estimé : » très raisonnable de les gratifier en reconnaissance de leur fidélité, » devoir et service. » — Mémoires chron., t. 1, p. 289, pour les autres faveurs accordées aux Dieppois. L