‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 158 sur 636 · LES CHEFS ET LA NOBLESSE, QUI L’ONT AIDÉ DANS CETTE LUTTE · texte numérisé non relu

LES CHEFS ET LA NOBLESSE, QUI L’ONT AIDÉ DANS CETTE LUTTE

éclatante à sa noblesse quel cas 11 faisait de ses exploits et de l'assistance qu’elle lui avait prêtée. En attendant qu'il püt lui distribuer les charges, les dignités, le butin que rendraient disponibles les conquêtes sur l’ennemi, il satisfit sa grande passion, l’honneur. Dans la relation officielle des combats livrés à l’armée de la Ligue, qu’on rédigeait presque jour par Jour sous ses yeux , et qu’il adressa à toutes les provinces, 1l désigna nommément tous ceux qui s'étaient signalés par leur courage ou leurs heureuses inspirations militaires : il les mettait ainsi à l’ordre du jour non pas seulement de son armée, mais de la France entière !.

Dans cette mémorable lutte, il n’y eut pas une seule bataille, comme on l’a répété si longtemps par erreur ; mais 1l y eut une grande victoire résultant des nombreux avantages remportés par le roi : Mayenne ne perdit pas moins de dix-sept mille hommes par le fer de l'ennemi ou par la désertion : c'était la moitié de son armée. Henri dut son succès aux savantes dispositions et à la vieille expérience de Biron, à la bravoure de sa noblesse qui ne faiblit que partiellement et un moment à la journée du 21, à la fermeté de ses troupes, et à lui-même

plus qu'à personne. Il déploya au plus haut degré les qualités qui font le succès de toutes Les affaires humaines : la résolution, l’habileté, la vigilance, l’activité. Il fit preuve des talents d’un grand capitaine. L’occupation et la défense de la position d’Arques et de Dieppe, quand bien même d’autres faits d’armes pareils ne viendraient pas s’y ajouter, sufliraient pour démentir la tradition populaire, perpétuée jusqu'à nos jours, qui le réduit aux pro-

1 Cette relation est Le Discours au vrai, que nous avons fréquemment cité dans l’exposé de ces faits. On le trouve dans les Mémoires et Correspondance de Duplessis-Mornay , t. V, p. 1-30, et dans les Mémoires de la Ligue, t. IV, p. 48-69.

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