XVIII PRÉFACE
son nom; elle avait jeté de plus une autre classe, et une classe très nombreuse, dans l’athéisme, comme nous l’apprend le ministre Villeroy, aussi zélé catholique qu'attentif observateur des mouvements de l'opinion publique.
, Les rois d'Espagne, pour leurs projets de despotisme intérieur et de conquêtes au dehors, avaient emprunté le bras d'innombrables soldats, l’aide d’armées sans cesse recrutées. Les rois d'Espagne et les rois de France, pour la persécution. religieuse, avaient trouvé des bourreaux, et ceux de France des os dans la moitié du peuple, une partie des seigneurs, les Parlements, les États-généraux. Lorsqu'on veut Ab au fond des choses, remonter aux principes de ces projets sanguinaires, de ces actes d’une ambition et d’une intolérance qui vont jusqu’à la démence, on découvre des causes générales, fécondes en désastreuses conséquences. Le droit du plus fort, légué par l'antiquité aux peuples modernes, entretenu par la grossièreté du moyen-âge, n’était pas usé, n’avait pas fait son temps. L'idée que toute religion autre que le catholicisme était abominable aux yeux de Dieu; que toui fidèle était tenu, sous peine de risquer son salut, de maintenir de tout son pouvoir la pureté et l'unité de la foi; que la fin justifiant les moyens, tout moyen était bon pour détruire les cultes dissidents ; cette idée dominait encore dans la majorité des classes de la société civile. Condamnée par tout ce que l’Église avait d'éminent et d’éclairé, elle était soutenue dans presque toutes les chaires par Le bas clergé, qui ne consultait que son intérêt, et qui, sentant son état et son existence menacés par l’assaut que leur livrait la Réforme, recourait à la violence pour les maintenir. Elle était exaltée par les écrits, dont l’ardeur de la passion multipliait le nombre et variait la forme à Pinfini. Elle trouvait une aide puissante dans les craintes que les fureurs de quelques sectes nées de la Réforme en Allemagne avaient inspiréés; dans les appréhensions que les excès des calvinistes français avaient fait naître. En voyant ces derniers commencer une guerre acharnée contre ce qu’ils nommaient PAntechrist, les populations catholiques avaient redouté de se voir arracher la foi de leurs ancêtres. C’est donc dans l’état de l'esprit public que l’on trouve l'explication de tout ce