‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 168 sur 636 · DANS LES PAYS VOISINS. CONQUÈTES DU ROI DANS L'ORLÉANAIS · texte numérisé non relu

DANS LES PAYS VOISINS. CONQUÈTES DU ROI DANS L'ORLÉANAIS

dats pour les gagner, des excès inouis avaient été com mis. Ces grands défenseurs de la foi et du catholicisme avaient dépouillé, sans acception d'amis et d’ennemis, le paysan qui conduisait au marché ses bestiaux et son grain, le marchand qui transportait ses denrées, le prêtre qui parcourait les campagnes pour l'exercice de son ministère. C’est un Ligueur lui-même qui l'avoue, en déplorant le tort que ce brigandage faisait à la cause catholique. La Ligue était maudite par tous les gens de bien, et à la différence de ce qui avait lieu dans quelques autres contrées, par les paysans plus que par personne : les populations appelaient de leurs vœux le roi et ses lieutenants comme des libérateurs ‘. Tel était l’état des provinces du centre, lorsque Henri s’éloignant des faubourgs de Paris, y entra avec son armée.

Dans l’Orléanais, 1l reprit Etampes sur les lieutenants de Mayenne, s’empara de Janville et de Châteaudun, et de cette dernière ville, somma Vendôme de se rendre. La ville était de son ancien patrimoine, les habitants doublement ses sujets, le gouverneur Maillé-Benehard autrefois nommé par lui-même, Malgré ses nombreux griefs contre

1 Thuanus, 1. xcvit, S 16, t. 1V, p. 811, 812. — P. Cayet, 1. 1, p. 179, 173, 180, 181, 193, 194. — M. Mourin, la Réforme et la Ligue en Anjou, c. 10, p. 265, d’après les documents et manuscrits locaux. — Voici quelques détails relatifs à la conspiration des Ligueurs pour se saisir de Tours : « Les Ligueurs lui descouvrent alors leur entreprise, et luy » font les moyens de l’exécuter assez faciles par la mort qu’ils avoient » résolue de tous ceux du Conseil du roy, de la Cour de parlement, » de la Chambre des comptes, et de tous les royaux qui s’y étoient » réfugiez, le pillage desquels seroit grand. » Le sergent royal et ligueur Louvet indique dans ses registres, cités par M. Mourin, quelle avait élé la conduite des troupes ligueuses, et quelles étaient les dispositions de l’Anjou au mois de novembre 1589. « On ne pouvoit » sortir de la ville qu’on ne fust prins et vollé, sans avoir exception » d’aulcuns, mesme les gens d’église, ny aultres de quelque qualité » que ce feust; ce qui auroit rendu ledict party de la Ligue fort odieux » aux gens de bien, affectionnez pour les catholicques. »

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