‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 181 sur 636 · LIV. 1. CH. IV. HENRI RECONNU PAR PRESQUE TOUT LE HAUT CLERGÉ · texte numérisé non relu

LIV. 1. CH. IV. HENRI RECONNU PAR PRESQUE TOUT LE HAUT CLERGÉ

» ou évêques qui sont au royaume de France, 1l n’y en » a pas la dixième partie qui approuve les conseils de » l'Union. » Ce témoignage est confirmé par celui du pamphlet ligueur intitulé Le Manant et le Maheustre, imprimé en 1593, mais présentant l’état du royaume tel qu’il était depuis plusieurs années. L’interlocuteur du Ligueur lui dit : « La plupart de vos évèques et chefs » ecclésiastiques vous ont délaissés..…. tellement que des » quatorze archevèques de la France vous n’en avez que » trois, et des cent quatre évêques vous n’en avez que » quinze, encore des moindres ‘.

Il ne pouvait en être autrement. La déclaration de Saint-Cloud donnait au catholicisme toutes les garanties de maintien et de conservation qu’il pouvait désirer : le roi, fidèle aux engagements qu’il avait pris par cette dé— claration, respectait partout la religion catholique, ses ministres, sa hiérarchie. La Ligue tenait une conduite absolument contraire. Partout la démagogie de l'Union avait foulé aux pieds la discipline de l'Eglise. Elle s'était rendue indépendante de tout pouvoir ecclésiastique légitime. Pour favoriser l’ambition et l’avidité du clergé l1gueur, elle avait dépouillé les bénéficiaires, confisqué les biens de l’Église, dans la plupart des localités dans plusieurs, elle avait chassé les évêques de leurs siéges. Ce grief était loin d’être le seul que les évêques eussent contre elle.- Appartenant la plupart à la noblesse, leur patriotisme se révoltait à l’idée de devenir espagnols en devenant ligueurs. Leur-bon sens comprenait et disait bien haut que matériellement la religion ne pouvait sub-

1 Réponse à un avis qui conseille à un Français de se rendre sous la protection du roi d'Espagne, imprimée en 1589 : on la trouve dans les Mémoires de la Ligue, t. IV, p. 179. — Dialogue du manant et du maheustre, parmi les pièces à la suite de la satire Menippée, t. 115, p. 419, 425, édition de 1726.

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