‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 189 sur 636 · LIV. 1. CH. V. MAYENNE CASSE LE CONSEIL DE L'UNION · texte numérisé non relu

LIV. 1. CH. V. MAYENNE CASSE LE CONSEIL DE L'UNION

de ses amis, et principalement de la noblesse qui n’obéirait jamais à l'Espagnol. Aux Ligueurs français se joignirent le Parlement et les principaux membres de la noblesse de la Ligue. Ils déclarèrent unanimement à Mayenne qu’il ne devait pas souffrir qu’il y eüt d’autre chef que lui au parti de l’Union ; qu'il fallait qu'il eût seul toute l'autorité, et ils lui promirent de courir sa fortune. Le duc opposa leur avis et leur autorité à la proposition qui le menaçait. Les Seize et les autres partisans de l'Espagne, dans le conseil de l’Union, épuisèrent successivement tous les moyens pour le faire changer de résolution. Ils essayèrent d’abord de la persuasion. Ode Pigenat, provincial des jésuites, lui fit un long discours pour l’engager à abandonner l’avis de Villeroy et à se ranger au leur. Le trouvant inflexible, ils résolurent de lui faire violence. Ils annoncèrent que le conseil de l’Union, qui avait donné la lieutenance-générale à Mayenne, conférerait le protectorat à Philippe IL, et 1ls se mirent en mesure d'exécuter ce projet et cette menace. Pour échapper lui-même à la déposition, pour soustraire l’Etat à ce danger, Mayenne recourut aux plus énergiques mesures : 1] ruina en mème temps le dangereux pouvoir des Seize et les projets des Espagnols. Il proclama le Pape seul protecteur du royaume et de la religion en France. Il déclara que le conseil de l’Union, représentant une forme de république, était incompatible avec la royauté du cardinal de Bourbon et avec la lieu— tenance-générale. En conséquence il cassa le conseil de l'Union, et 1l y substitua un conseil d'Etat qui devait le suivre partout, même à l’armée, et décider avec lui toutes les affaires administratives et les affaires politiques urgentes. Ce partage des pouvoirs et ce gouvernement n'étaient en apparence que provisoires. Les Etats-généraux convoqués à Melun pour la Chandeleur, c’est-à-dire

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