LIV. 1. CH. V. LE PRINCIPE DE LA LÉGITIMITÉ MIS EN AVANT
ques, soit de la Ligue, soit du parti royal; on couperait broche, comme il disait, aux menées et pratiques que faisaient les Seize et Philippe IT contre l'Etat ; enfin on rendrait la paix à la France. Mayenne et les autres princes lorrains, en abandonnant leurs prétentions à la sou— veraineté, seraient récompensés par une grande position qui leur serait faite ?
La glace était rompue et le grand mot lâché. Une voix grave et autorisée s'élevait du sein de la Ligue pour proclamer des principes tout nouveaux. Henri IV n’était pas absolument et nüment incapable de porter la couronne, à cause de son hérésie, comme le mettaient en avant les Seize et les partisans de l'Espagne, et comme les Ligueurs français eux-mêmes l’avaient répété jusqu’alors : son incapacité n’était que conditionnelle et subordonnée au cas où il persisterait dans ses erreurs : on pouvait se rapprocher de lui, traiter avec lui : sa royauté pouvait être reconnue et obéie. Ces idées certes étaient bien antipathiques à l’ambition de Mayenne. Elles heurtaient même trop les préjugés des Ligueurs français, des catholiques purs, pour être adoptées sur-le-champ par eux. Mais elles devaient faire leur chemin dans ce parti avec le temps, gagner chaque jour des partisans nou- VEAUX, agir Ra ton sur les événements da SUIVI rent, et se les dominer.
1 Villeroy, Advis d'Estat sur les affaires de ce temps, t. XI, p. 223- 234, collect. Michaud. On trouve aux pages 227 B, 2928, le passage suivant : « Ayant mis ce marché à la main au roy de Navarre... il » faudroit donner contentement aux princes du sang catholiques, et » spécialement à MM. les cardinal de Vendosme et comte de Sois- » sons, en leur accordant le rang et Le lieu que leur maison mérite. » Personne ne vous contrediroit quand l’on cognostroit par les ef- » fects vostre but estre de conserver la couronne à qui elle appar- » tient. »