CHAPITRE F
Faits militaires et politiques qui précèdent la bataille d’'Ivry. Bataille d'Ivry et ses suites. Victoires remportées en méme temps par les lieutenants du roi (1590).
Situation du duc de Mayenne. — Il prend le château de Vincennes et Pontoise ; mais il échoue au siége de Meulan défendu par Bellengreville et par le roi. Henri, de son côté, occupe Poissy. Mayenne lève de nouvelles tronpes et se donne en particulier une nombreuse et bonne cavalerie..— Appréciation de la conduite de Mayenne et de Philippe IL. — Le légat Gaëtano fait enregistrer ses bulles par le Parlement ligueur de Paris, et se porte pour ennemi du roi. Le Parlement de Tours rend un arrêt contre lui. Mesures hostiles prises par le légat contre Henri et ses partisans, sanctionnées par les arrêts des Parlements de Paris et de Rouen, Procession de la Ligue. Le légat s’oppose à la réunion d’un Concile national convoqué par Henri. Le roi, privé des moyens de la conciliation, recourt aux armes pour abattre la Ligue. [l assiége Dreux : importance de cette ville comme position : dessein du roi, — Mayenne s’avance avec son armée pour dégager Dreux. Henri lève le siége, et s’avance au devant des Ligueurs, avec le vif désir, mais non la résolution encore arrêtée de livrer bataille, Mayenne songe d’abord à temporiser : il se décide ensuite pour une.bataille. — Marche de l’armée royale de Dreux à Nonancourt : précautions sages et habiles prises par le roi. — A Nonancourt, il agite dans son conseil de guerre si l’on en viendra aux mains avec l'ennemi. Une action générale étant décidée en principe, il arrête de ne la livrer que s’il recoit les renforts qu’il a demandés de toutes parts, et s’il parvient à diminuer la disproportion des forces. Dans la puit du 12 au 13 mars, il dresse lui-même le plan et l’ordre de la bataille. Remarquables combinaisons stratégiques d’après lesquelles ce plan est tracé ; les officiers- généraux de l’armée l’approuvent unanimement, — Elan religieux dans l’armée. Le roi recoit l’assurance qu'avant l’action de nouvelles et nombreuses troupes seront amenées à son camp. Îl conduit l’armée de Nonancourt à Saint-André, village situé à l'entrée de la plaine d’Ivry. — Description de la