LIV. 11. CH. I. IL PREND VINCENNES ET PONTOISE
plaine d'Ivry. Le roi y range sen armée en bataille, et y prend sa première position. Réparation faite à Schomberg, argent distribué aux soidats. Henri reçoit des renforts considérables, amenés les uns par les seigneurs des diverses provinces, les autres envoyés par les villes normandes de son parti. — L'armée de la Ligue débouche dans la plaine d’[vry. Les deux armées restent en préserice le 43 mars. Précautions militaires prises par le roi et par Biron pour la puit du 43 au 44 mars. Position et ordre de bataille de l’armée royale le 14 mars : Le roi s’oceupe personnellement du rangement des troupes. — Force respective des deux armées. Position et ordre de bataille des Ligueurs : plan de Mayenne pour l’action : vice dans le rangement de sa cavalerie, et infériorité de son artillerie. Le roi passe sur le front de ses troupes : ses dernières recommandations à ses lieutenants exprimant sa pensée militaire, et ses deux principales combipaisons pour le gain de la bataille : ses paroles aux soldats, aux officiers, aux guerriers de son escadron. — Bataille d’Ivry. Les royaux ont la supériorité aux premiers engagements : l’avantage passe ensuite aux Ligueurs : sérieux dangers courus par l’armée royale, intervention et action du maréchal de Biron. Le roi enfonce au centre la cavalerie ennemie : ses lieutenants mettent en fuite les autres corps de la cavalerie des Ligueurs. L’infanterie de Mayenne reste coupée, morcelée, sans soutien à ses flancs : une partie est taillée en pièces, le reste met bas les armes : la victoire reste complètement acquise à l’armée royale. Poursuite des Ligueurs, leurs pertes dans cette journée. — Le même jour, les royaux défont les Ligueurs à [Issoire en Auvergne, et dans le Maine : peu après, ils battent les Espagnols dans le pays Messin. Le parti de la Ligue est menacé d'une ruine entière. Mayenne manque des troupes suffisantes pour tenir la campagne, et Paris est dépourvu quelque temps des moyens de résistance. Le roi perd le moment le plus favorable pour l’attaque de cette ville, par les trahisons de son parti et l’intempérie de la saison.
Les revers d’Arques et leurs dures conséquences, les pertes de villes et de territoire, la diminution de sa réputation avaient affaibli Mayenne, mais ne l’avaient pas abattu. Sa récente querelle avec les Seize et avéc les au— tres partisans de l'Espagne avait mis un moment son autorité en danger; mais ce débat s’était terminé par une notable augmentation de son pouvoir à l’intérieur, et de sa liberté dans ses rapports avec l’étranger. Il conservait encore assez d’ascendant sur son parti, assez de forces matérielles, pour qu’il lui fût permis d’en appeler des résultats d’une première campagne, de continuer à traiter sur le pied d'égalité avec le roi d’Espagne, et de recevoir ses secours comme ceux d’un auxiliaire et non d’un maitre.
Après avoir recruté son armée, il l’exerca dans des expéditions qui w’étaient que secondaires au point de vue militaire, mais qui présentaient l'avantage de traverser