‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 195 sur 636 · IL: ÉCHOUE CONTRE MEULAN : IL RECRUTE SON ARMÉE · texte numérisé non relu

IL: ÉCHOUE CONTRE MEULAN : IL RECRUTE SON ARMÉE

en partie les desseins du roi sur la capitale, et de satisfaire les habitants. « Les Parisiens voyant le roy esloi- » gné, dit un contemporain, firent grande instance au duc » de Mayenne pour leur tirer trois espines qu’ils avoient » aux pieds, le bois de Vincennes (château), Pontoise et » Meulan. » Il prit Vincennes sans peine et réduisit Pontoise après un siége de dix-sept jours (5 janvier 1590). Mais 1l échoua à celui de Meulan, héroïquement défendu par Bellengreville et par le roi, qui, suspendant la réduction des villes de Normandie, entra par trois fois dans la place, et y combattit au péril de ses jours: tandis qu'il dirigeait lui-même l’une de ses batteries sur la tour de l’église de Saint-Nicaise, un boulet de canon ennemi lui passa entre les jambes. Il prit Poissy comme intermède, et contraignit Mayenne et ses lieutenants à décamper de devant Meulan le 3 mars 1590. Si Mayenne avait échoué dans cette entreprise, il y avait aguerri ses soldats, qui avaient montré beaucoup de constance et de courage. Il avait aussi, durant le siége, complété son armée des le vées faites à l’intérieur, des secours reçus de l'étranger, et il avait rassemblé des forces considérables pour le temps. Son infanterie, formée en partie de régiments français, en majorité de Suisses et de lansquenets, vieillis dans le métier, estimés des deux partis pour leur courage, dès le début égalait au moins celle du rot. Sa cavalerie, dans le principe était loin de valoir celle de Henri, presque toute composée de gentilshommes que le sentiment de l'honneur animait, et qui avaient acquis une longue expérience des armes durant les guerres de religion. Il essaya de donner à son infanterie une incontestable supériorité, et 1l se flatta d’avoir corrigé l’infériorité de sa cavalerie, en obtenant de Philippe IE un corps d’äuxiliaires tirés des Pays-Bas. C’étaient d’une part six mille hommes de pied. C’étaient de l’autre dix-neuf cents che-

Page 1