LIV. II. CH. I. ARRÊTS DES PARLEM. DE TOURS, DE PARIS, DE ROUEN
roi et de son parti si ouvertement, que le Parlement de Paris, transféré à Tours, rendit, le 5 février, un arrêt qui défendait aux trois ordres, sous peine d’être traités comme criminels de lèse-majesté, d’avoir aucun com merce, d'entretenir aucune correspondance avec le légat, jusqu’à ce que, suivant les lois de l'Etat, les droits du royaume, les libertés de l'Eglise gallicane, il se füt présenté au roi, eùt fait apparaître de ses pouvoirs, et ob— tenu la permission de résider en France. Le légat ne justfia que trop les appréhensions du Parlement de Tours. À peine arrivé, il entra en participation ou prit l’initiative des mesures les plus violentes contre le roi. Le 10 février, 1l examina et approuva une délibération de la Sorbonne portant « que la sainte Union était confirmée ; que ceux qui reconnaissaient Henri de Bourbon, hérétique et relaps, étaient en état de péché mortel et de dam— nation; qu'1l était à Jamais exclu de la couronne, qu'il se fit catholique ou non. » Henri avait convoqué les Etatsgénéraux à Tours pour le mois de mars, conformément à sa déclaration de Saint-Cloud. Les évèques et les archevêques avaient été appelés dans cette ville pour for mer un Concile national, et délibérer sur les moyens de ramener le roi à la foi orthodoxe et dans le sein de V'Eglise. Le légat arrêta ces projets de conciliation et de paix. Par sa lettre, en date du 1° mars, il prohiba tout Concile qui se tiendrait dans ce but, détendit en vertu de l'autorité à lui déléguée par le Saint-Siége, à tous les prélats de se rendre à Tours, et de s’assembler en quelque manière que ce fut, déclarant par avance les évèques qui se trouveraient à cette réunion excommuniés et déposés. Le pouvoir civil conforma ses décisions à celles du pouvoir ecclésiastique, et pour l’exécution leur prêta son autorité. Le Parlement de Paris, par un nouvel arrêt du 5 mars, défendit, sous peine de mort et de confiscation,