PROCESSION DE LA LIGUE
toute liaison et correspondance, toute paix ou composition, avec Henri de Bourbon et ses partisans; ordonna à tous de reconnaître Charles X pour seul et légitime souverain, et d’obéir aux ordres de Mayenne, lieutenantgénéral de la couronne. Le Parlement de Rouen, de son côté, défendit, sous les peines les plus sévères, aux gentilshommes de suivre le drapeau de Henri. A toute cette procédure, les Ligueurs joignirent plusieurs actes d’une efficacité funeste sur le peuple et d’une exécution san— glante. À Paris, une procession de la Ligue eut lieu le 14 mars, et quelques jours après, l’Union fut confirmée et jurée de nouveau sur les Evangiles par le prévôt des marchands, les échevins, les colonels et capitaines de la garde bourgeoise. À Rouen, le Parlement livra au bourreau plusieurs des partisans du roi ?.
La Réforme dans laquelle Henri était né et avait été nourri lui était chère, comme il Le témoignait lui-même. Il ne pouvait abjurer sans avoir l’air d’échanger sa croyance contre une part du pouvoir, et par conséquent sans entamer son honneur. Enfin chacun de ses actes, depuis son avénement, c’est-à-dire depuis six mois, avait été une continuelle protestation de son respect pour la liberté de conscience et de culte des catholiques, et 1l semblait que lui, roi des catholiques royaux, vainqueur des catholiques ligueurs, avait bien le droit de réclamer
1 Thuanus, 1. xcvir, 8S 5, 6, t. 1V, in-fol., p. 838-843. — Recueil des anc. lois franc., t. XV, p. 18, 19. — Lestoile, p. 12.— P. Cayet, L. 1, p. 210 A. Dans l’arrêt du parlement de Paris, on trouve la disposition suivante qui exprime les sentiments dont la Ligue française était encore animée alors envers le roi: «La cour faict expresses inhi- » bitions et défenses à toutes personnes, de quelque condition et qua- » lité qu’elles soyent, de communiquer et avoir intelligence directe- » meut ou indirectement avec ledict Henri de Bourbon et ses agents: » mesme de ne traicter ou proposer en public ou en particulier de » faire paix ou entrer en composition avec luy, sur peine de conlis- » cation de corps et de biens. »
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