MAYENNE RÉPUGNE D'ABORD, PUIS SE PRÊTE A UNE BATAILLE
prit le siége de Dreux, l’alarme et l'agitation furent extrêmes dans le peuple, et iléclata en murmures. Mayenne voulait à tout prix sauver Dreux, et ils’avançcaavecson armée au secours de la place. Le roi leva le siége pour aller au devant de ses ennemis, avec le vif désir, mais non pas encore la résolution arrètée d’en venir aux mains. Il sentait que le sort de la campagne dépendait du gain d’une bataille; mais 1l ne pouvait songer à la livrer si les proportions ne changeaient pas entre les deux armées, celle des Ligueurs étant alors de moitié plus nombreuse que la sienne. Le duc, en général expérimenté et instruit par l'événement dès combats d’Arques, jugeait et déclarait plus prudent d’éviter une bataille, et après avoir dégagé Dreux, de faire une guerre de temporisation. Mais ébranlé par les sollicitations de tous les chefs de la Ligue, par les importunités du légat qui, dansseslettres, ne parlait jamais que d’une journée, par les bravades et les insolences du comte d'Egmont et des Espagnols ; séduit par l'espoir que Jui présentait de Rosne de se faire couronner à la tète de l'armée s’il était vainqueur ; rassuré par la supériorité numérique de ses troupes et par l’excellente qualité de sa nouvelle cavalerie, 1l céda et se prêta à une bataille !. Entre le moment où le roi s’éloigna des murs de Dreux et celui où 1l se mesura contre l’ennemi, deux jours s’écoulèrent. Toutes ses actions, durant cet intervalle, conformes à celles qui précèdent, achèvent de redresser l’opinion qu'on s’est formée jusqu’à présent de lui, et remplacent le brillant cavalier par le grand capitaine. Ce sont des écrivains hommes de guerre et hommes d'Etat,
1 P. Cayet, chr. nov., 1. 11, p. 209. — Thuanus, 1, xcvx, 8$ 9, 40, t. IV, p. 843, 845. — D'Aubigné, t. 1x, 1. ir, ©. 5, p. 228. — Davila, 1. x1, t. 111, p. 23, 34, — P. Matthieu, Hist. deHenrilV, L.1, p. 30, 31. En comparant l'exposé de ces trois derniers historiens avec celui de de Thou, il semble que de Thou, généralement si exact, ait exagéré la répugnance de Mayenne à livrer bataille.