LIV. 1. CH. I. REMARQUABLES COMBINAISONS DANS LE PLAN DE
restaient exposés aux blessures et à la mort; l'effet des lances était amoindri, leur choc affaibli. La disposition des cavaliers sur cinq rangs de profondeur donnait aux escadrons une solidité et une force de résistance que la cavalerie n’avait point eues jusqu'alors. Enfin deux ou trois de ses escadrons, moins gros et plus agiles que les corps des ennemis, pouvaient, après les premières charges, les attaquer de toutes parts, les assaillir en tête et sur les flancs, ce qui était un immense avantage. En second lieu, le roi distribua son infanterie aux flancs de ces escadrons, entremêlant partout l'infanterie à la cavalerie. Il résultait de là que les bataillons de Pinfanterie sontenaient partout, à droite et à gauche, les corps de cavalerie ; qu’en outre les fantassins, par une grêle d’arquebusades, éclaircissaient les rangs des ennemis, et rendaient par conséquent leur choc moins vif et moins redoutable. Le roi avait dès longtemps et profondément médité cette manœuvre qui consistait à entremèéler les armes dans l’occasion : son excellence, reconnue auparavant en théorie, se trouva justifiée par l'expérience de cette journée !. Dans le plan de Henri, à côté de ces précautions prises pour la défense, on trouve les combinaisons pour l’attaque, et ces dernières semblent appartenir à un ordre supérieur encore. Il s’assura l’avantage de l'artillerie. Il donna à son armée un front peu étendu, relativement à sa profondeur. Cette disposition, et
1 Les combinaisons de Henri pour la défense, avec la circonstance qu’elles étaient le résultat de longues observations et réflexions, se trouvent clairement énoncées dans la relation officielle du temps, le Discours véritable. On y lit, p. 239 : « Sa Majesté, qui a expérimenté » en d’autres batailles et combats qu’il est plus advantageux de faire » combattre la cavalèrie en escadron qu’en haie, mesme la sienne » qui ne porte point de lances, despartit toute sa cavalerie en sept ré- » giments rangés en autant d’escadrons, et toute son infanterie aux » flancs desdits escadrons. » Davila, 1. 1x, t: 111, p. 28, 29, n’a fait que commenter Ce passage dans ses excellentes observations sur le plan et
l'ordre de bataille du roi.