LIV. II. CH. I. SOIN DU ROI POUR LE RANGEMENT DES TROUPES
roi en personne, examinèrent tous les corps l’un après l’autre, et pourvurent exactement à tout. Les contemporains remarquent que ce jour-là Henri, doublant de Vie, remplit par le fait l'office de sergent de bataille : on verra tout à l’heure combien importait cette scrupuleuse attention, et quel désavantage résulta pour l’ennemi de ce que Mayenne n'avait pas pris un soin pareil. Entre dix et onze heures, l’armée entière était dans l’ordre qu’elle devait tenir : le roi avait terminé les préliminaires du combat !.
Dans l’ordre et la disposition qu’il adopta pour la bataille, il répartit ses troupes en deux grandes masses, et en forma deux lignes, comme le témoignent en termes formels les historiens qui plus tard reçurent des renseignements de sa bouche même *.
1 Le roi dans sa circulaire sur la bataille d’'Ivry, t. 111, p. 164, rend compte du mouvement d’une lieue en avant qu’il fit faire à son armée le matin du 14 mars : « M'ayant esté rapporté que mes ennemys s’es- » toient représentez, mais encores plus loing qu’ils w’avoient faict hyer, » je me suis résolu de les approcher de si près, que par nécessité il se » fauldroit joindre. Comme il est advenu sur les entre dix et onze heu- » res du matin, que les estant allez chercher jusques où ils s’estoient » plantez..…. la bataille s’est donnée. » Discours véritable, p. 241, 249. À la page 249, il indique l'emplacement définitif que les armées occupèrent pour la bataille. « Il fut rapporté au roi que les ennemis étoient » logés aux villages qui bordent cette rivière d'Urte (Eure) derrière leur » place de bataille. L'armée des ennemis parut en un lieu un peu plus » relevé, et aussi un peu plus reculé qu’elle n’étoit Le jour précédent. » — La carte de France par le dépôt de la guerre n° 47 marque la place de l’obélisque d’Epieds. — D’Aubigné, t. 111, 1. 111, c.°5, p. 229. « Le » lendemain, les deux armées furent rendues au champ de bataille, » entre dix et onze en estat de combat; le roy faisant en effet l’of- » fice de sergent de bataille.» — Sully, Æcon. roy., c. 29, 30, p.15 B.
2 Matthieu, 1. 1, p. 27. « Le roy mit sa cavalerie en sept escadrons » et en deux lignes.» En disant que le roi mit sa cavalerie, Matthieu dit en même temps qu'il mit toute son armée en deux lignes. L’un implique l’autre absolument. En effet, Matthieu et tous les historiens du temps avec lui, dans le dénombrement des sept corps ou divisions, dont se compose larmée royale, prennent chaque escadron pour centre et pour noyau de chacun des corps; énoncent, après la des-