LIV. II. CH. I. ORDRE DE BATAILLE ET DISPOSITION
compagnies d’arquebusiers à cheval de Badet et de James. Le roi qui connaissait de longue date l’intrépidité de ces soldats, et qui savait quel part il pouvait en tirer pour éclaircir la cavalerie ennemie, leur ordonna de mettre pied à terre, et les envoya combattre avec les enfants perdus de l'avant-garde.
La ligne de bataille fut formée de cinq corps de troupes. Le maréchal d’Aumont commandait le premier à la main gauche du roi, dans la direction du village d’Epieds, et à l'extrémité de la ligne : ce corps se composait d’un escadron de trois cents cavaliers, flanqué à ses côtés de deux régiments d'infanterie française. Venait ensuite le corps du duc de Montpensier : on y trouvait un escadron de trois cents chevaux, ayant à gauche cinq cents lansquenets, à droite un régiment suisse, ces forces étrangères couvertes les unes et les autres par l'infanterie française. Le troisième corps, sans comparaison le plus considérable, était conduit par le roi en personne, et formait le centre de la ligne de bataille. Il avait un escadron de six cents chevaux, disposés sur cent-vingt de front et sur cinq rangs de profondeur. Le premier rang où combattaient le prince de Conti et le comte de Saint-Paul, n’était composé que de princes, comtes, barons, gentilshommes appartenant aux premières familles de France. Derrière ce
1 On ne trouve que dans les originaux un dénombrement exact de cette avant-garde. Voyez pour sa composition : Le Discours véritable, narration officielle du temps, p. 239. — Matthieu, 1.1, p. 27.— Davila, 1. x1, p. 31. — Sully, Œcon. roy., ch. 29, 30, p. 75 B. — D’Aubigné, t. Ir, 1. III, ©. 5, p. 229. — Lettre du maréchal de Biron à du Haillan, p. 177. — Nous ne donnerons que ces deux extraits relatifs à des détails importants. D’Aubigné dit : « En suivant, prit place le baron de » Biron, avec huit cents hommes de pied choisis et fort peu de cava- » lerie, cettui-là presque aussi avancé que les chevau-légers. » Le maréchal de Biron ajoute : « Mon fils estoit dedié avec deux cents » chevaux pour marcher au costé du Roy, et un peu devant, pour » donner par le flanc à ceux qui voudroient charger Sa Majesté, ou » le couvrir s’il estoit besoin. »