POSITION DE L'ARMÉE LIGUEUSE LE 14 MARS. FORCE DES ARMÉES
Presque en même temps l’armée de la Ligue parut en bataille, dans un lieu un peu reculé, et aussi plus élevé que celui qu’elle avait occupé la veille. Elle se déployait, au moins en partie, à la descente de l’un des côteaux qui bordent la plaine, et la séparent de la vallée de l'Eure !. Les événements du commencement de la bataille demandent qu’on remarque cette position. Toutes les forces que Mayenne avait rassemblées ne combattirent pas à Ivry : il avait laissé une portion de l’infanterie amenée des Pays- Bas par le comte d’Egmont, sur la rive droite de la Seine. Les troupes qu’il opposa à Henri montaient à seize mille hommes, quatre mille cavaliers et douze mille fan— tassins. L'armée royale ne dépassait pas de beaucoup dix mille soldats : même après l’arrivée des derniers renforts survenus au commencement de la bataille, elle ne compta que deux mille cinq cents chevaux, et huit mille hommes de pied *. Aïnsi, par le nombre, les Ligueurs l’emportaient de plus d’un tiers sur leurs adversaires.
La disposition de l’armée ligueuse se rapprochait de celle de l’armée royale par le nombre des divisions déployées sur la ligne de bataille, par le mélange et la suc-
1 Discours vérit., p. 242. « L'armée des ennemis parut en même » temps en un lieu un peu plus relevé et aussi un peu plus reculé » qu’elle n’étoit le jour précédent. » — D'’Aubigné, 1. 1x, c. 5, p. 230. « L'armée liguée paroît beau jeu à /a descente d’un costeau. » — Mézeray, p. 764, 765. « Les Ligueurs se saisirent de quelques lieux » éminens qu'ils avoient remarquez la veille et s’estendirent le long » des bords de cette vallée où coule l'Eure. »
2 Lettres miss. à la date du 14 mars 1590, t. 111, p. 167. « Leurs » prisonniers dient tous que leur armée estoit de quatre mil chevaulx » et de douze ou treize mil hommes de pied. Quand à mon armée, » elle pouvait estre de deux mil chevaulx et de huit mil hommes de » pied.» Le rois’exprime er nombres ronds, très-rapprochés des chiffres réels. Ceux que nous donnons sont le relevé des forces comnosant les divers corps de l’armée royale. — Pasquier, 1. xIv, lettre 10, col. 426, et d’Aubigné, 1 111, €. 5, p. 230, réduisent à un chiffre audessous de la vérité le nombre des troupes royales.