LIV. I. CH. I. ORDRE DE BATAILLE ET RANGEMENT DE L'ARMÉE
cession alternative des corps de cavalerie et d'infanterie. Mais son ordre de bataille différait en plusieurs points importants de celui adopté par les royaux. Le front de l’armée ligueuse était plus étendu, son développement bien plus grand. Elle était disposée en croissant sur toute l'étendue de sa ligne. Sa cavalerie était formée partout en plus grandes masses, et les escadrons réunis au centre seul où Mayenne commandait en personne, présentaient un effectif de dix-sept cents cavaliers combattant tous ensemble ‘. Le plan de Mayenne est évident.-Il comptait détruire ou disperser l’un après l’autre les escadrons ennemis avec les corps de sa cavalerie, auxquels 1l avait donné une force et une consistance extraordinaires ; rompre ainsi l’union et la cohérence entre les diverses parties de l’armée royale; décider ensuite sa défaite en l’enveloppant de toutes parts, en l'attaquant à la fois de front et sur les flanes. Mais la condition indispensable pour le succès de cette combinaison était que les divers corps de cavalerie de l’armée ligueuse conservassent le facile emploi de leur arme spéciale, le jeu libre de leurs mouvements, et ils en furent privés. Tavannes avait été chargé de ranger la cavalerie en bataille. Comme il avait la vue très-courte, 1l placa les escadrons beaucoup trop près les uns des autres, ne ménagea pas entre eux la distance voulue. Cette disposition vicieuse entrainait après elle. deux conséquences d’une extrème gravité.
1 Discours vérit., p. 242. «L'ordre et disposition de l’armée des en- » nemis étoit quasi pareille à celle de Sa Majesté, excepté que les » pointes avançoient davantage, et avoient un peu plus la forme d'un » croissant. » — D'Aubigné, L 111, €. 5, p. 229. « L'armée de la Ligue » estoit un peu plus en tlenailles, car les deux pointes, comme plus » épaisses, estoient plus avancées. » Sur le nombre considérable des cavaliers réunis par Mayenne dans chacun des corps, et particulièrement dans le sien, voyez le Discours véritable, p. 243 : on trouvera la citation ci-après.