‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 223 sur 636 · LIGUEUSE : SES VICES. DÉNOMBREMENT DE L'ARMÉE DE MAYENNE · texte numérisé non relu

LIGUEUSE : SES VICES. DÉNOMBREMENT DE L'ARMÉE DE MAYENNE

D'abord les reîtres ne trouvaient pas l’intervalle qui leur était nécessaire pour passer entre les escadrons et pour se rallier derrière l’armée, après avoir fait une première charge et caracolé, selon leur manœuvre constante. En-— suite les autres corps de cavalerie n'étant pas séparés par un espace suffisant, ne pouvaient faire aisément leurs évolutions ; ils devaient s’entrechoquer et s’embarrasser Pun l’autre, pour peu qu’ils voulussent se développer et tourner. Cette faute, que personne n’apercut, devenant 1rréparable durant la bataille, jeta le désordre et la confusion dans l’armée de la Ligue. Un autre désavantage de cette armée était l’infériorité de son artillerie : elle n’avait que quatre pièces mal servies, tout à fait hors d'état de répondre au feu de l’ennemi. Enfin elle manquait d’une réserve, ou n’en avait qu’une insignifiante, comme les faits le montrèrent : celle du roi, au contraire, était considérable, et exerça une action marquée sur les événements ?.

Mayenne répartit son armée en autant de divisions, que la ligne de bataille du roi en avait : 1l en forma cinq. Dans la composition de chaque division entrèrent un corps de cavalerie et un corps d'infanterie. Parmi les fantassins, les lansquenets seuls intervinrent dans Paction : les corps de cavalerie sont donc les seuls qu’il soit besoin de distinguer et de faire connaître. Ils furent rangés de droite à gauche dans l’ordre suivant. Un premier corps, composé des anciens chevau-légers de la

1 Matthieu, IL. 1, p. 35, 36 à la marge, Davila, IL, x, t. nt, p. 34, 35, assignent tous deux, parmi les causes principales de la perte de la bataille, le rangement vicieux de la cavalerie des Ligueurs —. Au sujet de leur artillerie, le Discours véritable dit : « {ls n’avoient que » deux coulevrines et deux bâtardes. » Davila, 1. xx, p. 39, donne uné arrière-garde à l'armée de la Ligue. Mais dans la langue des historiens du xvi° siècle, et dans celle de Davila en particulier, arrière-garde

signifie l’un des corps postés sur la ligne de bataille, l’une des ailes de l’armée, et n'implique en rien l’idée de réserve.

902 LIV. It. CH. I. DÉNOMBREMENT DE L'ARMÉE DE MAYENNE. :

Ligue, francais, italiens, albanais, commandé par de Rosne, et posté à l’extrémité de la ligne, à la main droite du général. Un second corps, formé de deux escadrons de reîtres, intermédiaire entre la troupe de de Rosne et celle de Mayenne, et placé sous le commandement du duc de Nemours. Un troisième corps, le corps du centre, ayant à sa tête le duc de Mayenne, faisant face à celui du roi qu’il devait combattre : dans ce corps se / trouvaient réunis la cornette de Mayenne, la compagnie de Nemours, les douze cents lanciers wallons qui obéissaient au comte d'Egmont. Un quatrième corps, composé des carabins ou arquebusiers à cheval, et posté auprès du corps de Mavenne : le duc s’en était réservé le commandement, parce qu’il comptait lier les opérations de ce corps à celles de sa propre troupe. Un cinquième corps, formé des nouveaux chevau-légers de la Ligue, des cavaliers francomtois et espagnols, lequel occupait l’extrémité de la ligne à gauche, près du village de Boussey : 11 devait marcher sous la conduite du chevalier d’Aumale. Ces cinq corps de cavalerie se trouvaient au milieu de régiments d'infanterie française, allemande, flamande, suisse, qui les flanquaient à droite et à gauche. La réunion des deux armes composait autant de divisions de l’armée ligueuse. Les divisions du due de Nemours et du chevalier d’Aumale prirent une part active à la bataille, et c’est le seul point qui importe : le témoignage divers des historiens laisse incertain si elles furent conduites par les deux princes lorrains eux-mêmes ou par leurs lieutenants !.

1 D'Aubigné, 1. 11, c. 5, p. 229. « Le duc de Mayenne avoit fourni » autant de gros qu’il en falloit affronter. » C'étaient cinq gros ou divisions, dont voici le dénombrement que nous ne trouvons présenté nulle part d’une manière exacte.

Discours véritable p. 244. « L’escadron de leurs anciens chevaux- » légers, tant françois, italiens, qu’albanoïs, qui pouvoit être de cinq

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