D'AUMONT MET EN FUITE LA CAVALERIE LÉGÈRE DE LA LIGUE
+ l’action, reparaît à la fin, et décide les derniers événements de la journée.
Les charges des divers corps suivirent de près les premières canonnades. La eavalerie légère de la Ligue, conduite par de Rosne, attaqua le corps du maréchal d'Aumont. Cette cavalerie, double en nombre de celle des royaux qu’elle assaillait, était soutenue en outre à ses flancs par les lansquenets, que Mayenne estimait les meilleurs fantassins de son armée. Tout semblait ménagé pour lui assurer l’avantage du premier engagement. Elle ne tint pas cependant contre la résolution et l’irrésistible vigueur de d’Aumont. Le maréchal prévint le choc des chevau-légers ligueurs, en faisant les deux tiers du chemin, les attaqua par le flane, les enfonca, et les poursuivit l'épée dans les reins l’espace de cinq cents pas, jusqu’à l'entrée du petit bois. Ni la mêlée de la charge, n1 le feu terrible des lansquenets, essuyé à la longueur de deux piques, n’avaient changé en rien l’ordre de sa troupe, devenue inébranlable sous sa conduite. Il résista à la tentation de poursuivre les vaincus, à la séduction de combattre seul et à part, à l’égoïsme du succès personnel, pour travailler à une action d'ensemble et à une victoire générale. Conformément à ce qui avait été concerté et convenu avant qu’on en vint aux mains, 1l s'arrêta à la lisière du petit bois, et ramena sa troupe en corne à celle du ro1!. Dans cette position, il se trouvait à portée des autres divisions de l’armée royale, de manière à prendre part aux combats qu’elles livreraient : 1l était aussi assez rapproché du corps de bataille, commandé par le roi,
1 D’Aubigné, 1. 111, €. 5, p. 231. « Le mareschal d’Aumont ramena » sa troupe en corne à celle du roi, comme il avoit esté concerté d’a- » vance.» — Discours vérit., p. 244 : « Le maréchal d’Aumont les mena » battant jusqu'au petit bois qui étoit derrière, où il fit ferme pour » venir retrouver le roi, comme il en avoit eu commandement. »