‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 23 sur 636 · XXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE

En second lieu, nous avons apprécié les actes des hommes et des partis, non d’après des principes arbitraires, mais, selon les sujets, d'après le droit public laïque de la France ; d’après son droit public ecclésiastique, constant, continué pendant une suite de siècles, resté pur de l'invasion et de la violence des parüs; d’après les lois éternelles de la morale et de l’honneur, et d’après les préceptes de l'Evangile et des Pères de l'Eglise ; enfin toujours d’après les grands intérêts nationaux clairement établis. Dès le début de notre livre, nous avons employé cette méthode d’exposé et de discussion des doctrmes, seul moyen donné à l’histoire de ne pas soutenir indifféremment le pour et le contre, le vrai et le faux; méthode qui est celle du grand historien Polybe, seulement appliquée par lui à d’autres sujets et à d’autres matières. Notre soin s’est borné, au point de vue de l’art, à placer ces expositions dogmatiques dans tel lieu, el à les restreindre dans telle mesure, qu’elles ne vinssent pas embarrasser le récit des faits, et en alanguir l'intérêt. Nous n'avons pas perdu de vue qu’une histoire n’est pas une dissertation; mais nous avons voulu qu’elle ne tint rien de la fantaisie en fait de doctrines, comme rien du roman en fait

-d’exposé. En employant les deux procédés dont nous venons de parler, nôus avons essayé de lui donner, ou peu s’en faut, le caractère d’une science exacte et la rigueur mathématique.

Nous allons signaler maintenant quelques-uns des sujets sur lesquels notre travail a dû porter spécialement dans chacune des trois périodes dont se compose le règne de Henri IV, et indiquer d’une manière générale le caractère par lequel chacune d'elles se distingue et se détache des autres.

Pendant le temps de la lutte contre la Ligue et contre Philippe IT, la France est divisée en huit partis ayant chacun leur passion, leur intérêt, leur ligne de conduite !. L'histoire de ces partis était presque entièrement à faire. La plupart d’entre eux n'étaient même pas nommés dans les histoires modernes de ce règne; sur les autres, on ne trouvait que des rensel-

1 On trouve d’une part la Ligue guisarde ou parti de Mayenne et des princes lorrains, la Ligue française, la Ligue espagnole, la Ligue républicaine formée des grandes villes qui prétendent se rendre indépendantes de tous les pouvoirs. On distingue, d’un autre côté, Le

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