‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 237 sur 636 · LIV.II. CH.I. HENRI BRUSQUE L'ATTAQUE ET TAILLE EN PIÈCES · texte numérisé non relu

LIV.II. CH.I. HENRI BRUSQUE L'ATTAQUE ET TAILLE EN PIÈCES

Henri, avec un coup d’œil admirable, vit que sa seule chance de vaincre était de brusquer l’attaque, de se précipiter avec ce qui lui restait de monde sur les Ligueurs, en profitant de l’avantage que l’ennemi lui offrait de le prendre en flanc, et surtout en donnant à ses compagnons d'armes l’exemple dé tout braver et de tout oser. Alors, mais seulement alors, il quitta un moment le rôle de général, qu'il avait rempli jusque là avec une diligence et un talent infinis, pour prendre celui de capitaine et de gendarme, comme on disait en ce temps-là. S'il affronta dix fois la mort, c’est quand 1l s'agissait de tout décider en payant de sa personne. Il partit done, et devançant tous les siens de la longueur de deux fois son cheval, il les entraina au milieu des épais escadrons qu’ils avaient devant eux. Une mêlée courte, une mêlée d’un quart d'heure seulement, mais terrible, eut lieu entre les royaux et les Lioueurs. Les wallons résistèrent d’abord énergiquement ; mais combattant déjà contre les gentilshommes avec l’infériorité des armes, depuis que leurs lances étaient devenues inutiles; découragés par la mort du comte d'Egmont, auquel Fonslebons cassa la tête d’un coup de pistolet, ils tournèrent enfin le dos. Après eux, tout céda dans le gros escadron de Mayenne, et ses cavaliers prirent la fuite : en désordre. Les royaux les poursuivirent avec un grand carnage, jusqu’à la lisière du petit bois, où les reîtres, avant eux, avaient cherché un refuge. Henri avait ob— tenu cet important résultat, non pas seulement par l’heureux choix du moment, la décision et la rapidité de l’attaque, mais aussi par ses exploits personnels dans laction. Il abattit tout ce qu’il trouva devant lui, et ne sortit de la mêlée que couvert du sang des ennemis, le bras gonflé,

« Plusieurs de l’escadron du roy s’enfuirent, et quasi toute la gauche » d’icelui. » — Pour les autres détails, voir : Thuanus, I. xCvuI, & 40, p. 847, 848, — P, Matthieu, L 1, p. 33.

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