LIV. II. CH. I. ISOLEMENT ET DANGER DU ROI. LA CAVALERIE
du corps, fut tué à ses côtés. En ce moment, il apercut un escadron composé de trois cornettes de wallons, qui, placé hors de la troupe de Mayenne et entre deux bataillons suisses, était demeuré intact et marchait droit sur lui. La destinée de la bataille fut alors remise de nouveau en question avec sa vie même, L’obélisque d’Epieds, encore subsistant aujourd’hui, a consacré le souvenir de son abandon momentané, de sa halte sous les poiriers, du péril où son ardeur et les hasards du combat l’avaient jeté !. La crise fut courte, et il fut tiré de la situation dangereuse où 1l se trouvait, non par quelque hasard heureux, mais par les deux moyens qu’il avait tant recommandés aux chefs : le ralliement, et le concert entre les divers corps pour le gain d’une bataille générale. Tandis qu’il enfonçait personnellement la cavalerie placée au centre de l’armée ligueuse, ses lieutenants avaient obtenu la victoire sur la cavalerie distribuée aux deux ailes de cette armée. À laile droite des ennemis, l’escadron du due de Nemours, qui avait cessé d’être sou. tenu par celui de Mayenne, venait d’être mis en fuite par le duc de Montpensier qui l'avait attaqué en tête, tandis que le maréchal d’Aumont le prenait en flanc. A leur aile gauche, le corps du chevalier d’Aumale, où se trouvait toute la jeune noblesse de la Ligue, avait été renversé par les reîtres auxiliaires de Schomberg et par la troupe du baron de Biron unis ensemble. Enfin les cavaliers espagnols et francomtois avaient été pareillement défaits par le comte d'Auvergne, conduisant nos chevau-
1 Discours vérit., p. 245. — Matthieu, 1. 1, p. 33. — Mézeray, p, 771. — L’obélisque d'Epieds élevé à l'endroit où Henri IV se trouva un moment avec ses treize gentilshommes, exposé à l’attaque de l’escadron des cavaliers ennemis, subsiste encore aujourd’hui. Sur la face qui regarde l'occident on lit ces mots : «C’est ici le lieu de l’enté
» (poirier) où se tint Henri IV, le jour de la bataille d'Ivry, le 14 mars » 1590, »