‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 240 sur 636 · ENNEMIE MISE EN FUITE PAR SES LIEUT. RENFORTS AMENEÉS AU ROI · texte numérisé non relu

ENNEMIE MISE EN FUITE PAR SES LIEUT. RENFORTS AMENEÉS AU ROI

légers ralliés. Au lieu de se lancer à la poursuite de l’ennemi vaincu, plusieurs des chefs français se préoccupèrent de combattre l’ennemi qui tenait encore, et fournirent à Henri les renforts dont il avait un si pressant besoin. Givry, le maréchal d’Aumont, la Trémoille lui amenèrent presque en mème temps, de divers côtés, leurs troupes de cavaliers. Le roi se mettant aussitôt à leur tête, chargea l’escadron ennemi qui le menaçait, le tailla en pièces, et s’empara de ses enseignes. Ce dernier exploit acheva la ruine de la cavalerie placée au centre de l’armée des Ligueurs, celle des ailes ayant déjà cédé. Toute leur cavalerie, ainsi rompue et en déroute, aban— donna le champ de bataille aux royalistes, et s'enfuit précipitamment, une partie vers Chartres, la plus grande partie vers le bourg d'Ivry, pour y passer la rivière !.

La bataille n’était pas gagnée : toute l’infanterie de la Ligue, qui ne comptait pas moins de douze mille hom-— mes, demeurait intacte sur le champ de bataille. Mais la première partie du grand et beau plan de Henri était accomplie : cette infanterie restait destituée du secours de sa cavalerie, en butte à l'attaque de la cavalerie et de l’infanterie royale à la fois. Le roi n’avait fait le gendarme et Joué sa vie, que pour assurer ce résultat : dès qu’il fut acquis, 1l revint aux pensées et aux soins de chef d’armée, et s’en acquitta admirablement *. Il partit précipi- Mdent du point où 1l avait taillé en pièces les trois cornettes de wallons, pour retourner à la place qu'il avait occupée dans la ligne de bataille au moment de la première charge, et se retrouver au centre de ses forces. L'armée,

1 Davila, 1. xt, t. 11, p. 39. — Mézeray, p. 770, 771. — D’Aubigné, t. ni, L. Int, ©. 5, p. 231, 232. — Matthieu, p. 33, 34. — Discours vérit., p. 245.

2 Discours vérit., p. 246. « Ainsi que premièrement, Sa Majesté avoit » dignement fait l'office de capitaine et de gendarme, elle voulut faire » celui de général de l’armée, qui est de poursuivre la victoire avec » s0n gros. »

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