‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 241 sur 636 · LIV. II. CH. 1. LE ROI ATTAQUE L’INFANTERIE DE L'ARMÉE LIGUEUSE · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. 1. LE ROI ATTAQUE L’INFANTERIE DE L'ARMÉE LIGUEUSE

que sa disparition avait jetée dans la plus cruelle anxiété, le voyant revenir victorieux, éclata en transports d’allégresse. Presque aussitôt il reçut les escadrons que le comte d'Auvergne et le baron de Biron lui amenaient en toute hâte après leur succès, et il les ajouta aux trois troupes qui, les premières, s'étaient jointes à lui au fort de son danger. Peu après 1l se porta, avec ces divers corps, vers le maréchal de Biron, autour duquel s’étaient réfugiés et réunis tous ceux qui avaient pris l’épouvante pendant l’action, et dont la réserve s’était accrue jusqu’au nombre de deux mille quatre cents fantassins et de mille chevaux. Le roi avait en outre sous la main toute son infanterie de l’aile droite, qui n’avait pas combattu, et à la quelle il envoya l’ordre de se tenir prête à donner. Il disposait dès lors de forces suffisantes pour finir la bataille à son avantage, et 1l résolut de les employer sur-le-champ contre l'infanterie de la Ligue. Cette infanterie tenait ferme partout : les bataillons suisses en particulier témoignaient fièrement par leurs discours et par leur contenance qu'ils préféraient les dangers d’un combat à la honte d’une fuite; leur mot était qu’ils seraient saisis par la mort avant de l’être par la crainte. Le roi agita avec les chefs qu'il avait autour de lui, les moyens de vaincre leur résistance. Il rejeta le projet de les attaquer avec sa cavalerie, sur l'observation judicieuse de Vicoce, qu'à Dreux, les vainqueurs au commencement de l’action, avaient été à la fin les vaincus. Il s'arrêta davantage à l’idée de faire charger les Suisses par le corps du maréchal de Biron, auquel se joindrait le reste de l’infanterie francaise et quelque cavalerie; il donna même l’ordre au maréchal de marcher contre eux. Le vieux capitaine répondit : «Qu'il n’en feroit rien, » et il justifia sa résistance en disant qu'il ne fallait n1 risquer les troupes du roi, n1 rien donner au liasard, après une si grande victoire : 1l proposa de faire avancer du canon, et de démolir

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